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Avis de tempête

naughty_girl

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La suite de Comme l'océan...

Bonne lecture ;)

***

Je la sens lorsque mes paupières s'ouvrent et que j'inspire. J'arrive à reconnaitre son désordre. A sentir sa force.

L'envie. L'envie de sexe. L'envie de lui. Qui se crispent entre mes cuisses.

Putain... Je murmure.

Et puis je pense: c'est déjà assez le bordel comme ça, ne commence pas... Tu sais très bien que c'est une mauvaise idée .

Ca doit faire presqu'une semaine qu'on ne s'est pas vus. Une semaine depuis ce soir là où nous avons fait l'amour. Des heures durant jusqu'à s'épuiser et dormir... se réveiller de nouveau et faire l'amour encore.

Nous nous sommes quittés sans pouvoir dire grand chose. La confusion dans nos êtres, la paix dans nos corps. Mais nos têtes vides.

Et je ne dois pas avoir beaucoup avancer depuis. La cohérence? Je l'ai sentie au contact de sa peau, entre ses bras, mes lèvres contre les siennes. Difficile de la trouver sous une autre forme. Les mots s'effondrent dans mon esprit. Les pensées se mélangent.

Ce qu'il s'est passé est dingue. C'est d'abord dingue de l'avoir fait soyons réalistes. Et il y a le reste. Le plaisir, le désir, l'abandon, cette fusion alchimique terriblement excitante et pas seulement. Les alchimistes cherchaient à transformer la terre en or. J'ai vécu l'or. Nous avons été l'or.

Et ça c'est plus que dingue. C'est... c'est... cataclysmique.

Il n'est pas célibataire.

Et... à ce propos, moi non plus.

Nos deux moitiés sont à l'étranger pour leurs études. Nos deux histoires tourmentées à leur manière, agitées dans nos coeurs.

Et nous, nous... côte à côte pendant le meilleur et pendant le pire.

Je soupire. Il me faut une douche froide.

“If I lay here, if I just lay here.... would you lie with me and just forget the world ?” (Snow Patrol, Chasing cars)

La sonnerie de mon téléphone.

L'écran affiche son nom.

“Allo ?

-Si tu continues à ne pas me parler, je vais mal finir. ”

J'éclate de rire.

Toutes les chances que moi aussi...

“Personne ne veut ça répondé-je en souriant.

-Comment tu vas ?

-Bien et toi ?

-C'est... c'est... un peu...

-Le bordel ?”

Il rit.

“Oui le bordel.

- Je ne veux pas de bordel entre nous. Je sais que ma bonne volonté n'est pas la chose la plus évidente en ce moment, mais je t'assure c'est vrai. “

Il rit encore et un silence s'installe.

Il reprend : “ Ce n'est pas nous le bordel. C'est étrange ce sentiment que j'ai... que le bordel, c'est tout le reste.”

Ses mots atterrissent dans ma poitrine comme une pierre.

“Je termine à 18h, je peux venir te chercher ? J'ai besoin de te voir...”

J'inspire.

“D'accord”

***

Assise au cinéma ou lorsque nous sortons. Sur le chemin jusqu'à la voiture. A chaque moment, cette sensation me trouble. Une sensation d'évidence que j'essaye de ne pas fixer.

Au restaurant plus tard, encore je dois me débattre. Dans la pénombre de la terrasse extérieure, dans les langueurs lancinantes du rivage en contre bas. Son visage se dessine en clair obscure, son regard me subjugue. Et ses mots, sa voix. Sa confusion et sa force calme. Sa douceur, ses maladresses et son sourire.

L'évidence.

Elle appelle nos peaux. Extirpe le contact. L'exhorte en effleurements électriques. Je lutte pour garder l'esprit clair.

Nous finissons par descendre sur la plage. Pas de sable blanc ici, mais du sable noir. Fin sous nos pieds. En grandes étendue formant la baie. La nuit est claire, à peine marbrée de nuages. Calme, devant cette mer au reflets argentés.

La dernière fois que nous nous sommes retrouvés la nuit seuls sur une plage c'était il y a 8 ans. Le soir de notre rupture.

Une histoire avortée à l'époque, par mon coeur trop endurci sans doute. Ou trop naïf je ne sais pas. En tous cas par une impossibilité de m'investir dans une relation.

Ce souvenir doit nous traverser en même temps j'en suis sûre. Il passe de longues minutes à fixer le ciel et moi, à quelques mètres derrière, assise sur des rochers, je le regarde lui.

“Tu es impossiblement belle, tu sais ça ?”

Son honnêteté me met à cours de mot. Un comble quand j'aspire si fort à la franchise et me retrouve démunie devant elle. La vérité entre ses lèvres est intransigeante.

Je ne répons pas, je perd mon souffle seulement.

Il se rapproche, quasi mystique dans l'obscurité et je me tend à chacun de ses pas. Lorsqu'il est trop prêt je me lève nerveuse.

“Peut être qu'il faut juste attendre que ça se calme”

Il rit un peu. Et je finis par rire moi aussi. Je ne suis même pas assez convaincante pour me convaincre moi même.

Il vient jusqu'à moi et murmure :

“Embrasse-moi”

Ses yeux expriment la confusion et l'impuissance. S'il n'y avait pas cette paix étrange en moi, sans doute que ces deux émotions me glaceraient le sang. Mais l'air est chaud, terriblement chaud quand j'inspire, dans mon souffle, dans mon être. Je passe une main sur sa joue et rapproche doucement son visage et nos lèvres s'effleurent.

Combien de jours que je crève d'envie de faire ça ?

Mes lèvres cherchent les siennes plus fort, dans une douceur et une intensité qui font trembler mon monde. Et nos langue se trouvent, dansant ensemble dans la nuit suave au rythme des vagues sur le sable.

Ses mains se posent sur mon corps, sculptent ma peau et me serrent contre lui.

Je n'arrive pas à décrire cette fougue qu'il fait naître. Je n'arrive pas à la comprendre.

Ses mains sur mes cuisses, il me soulève avec une tranquillité qui transpire le feu, et s’assoit sur les rochers.

Ses lèvres glissent sur ma peau jusque dans mon décolleté alors que je sens sur mains sur mes fesses.

S'en est fini d'être raisonnable. Depuis longtemps déjà je crois.

Tout en l'embrassant je défait la boucle de sa ceinture, sans rien dire, sans pouvoir rien dire. Quand je me lève je lui retire son jean et son boxer, et je retire mon short.

Je reprends ma place, mon string déjà trempé contre son sexe déjà dur. Il soupire, désordonné quand il me sent humide contre lui.

Mes yeux sont fixes dans les siens. Il m'a manqué. Lui entre mes cuisses, le souffle court m'a manqué. Sa peau contre la mienne. Ses bras autour de moi et son regard trouble.

Ecartant mon string, après quelques seconde je m'empale doucement sur sa queue. Il s'empêche de gémir et je respire profondément pour faire de même.

Lentement, profondément, je m'enfonce en va et vient jusqu'à la garde, mes yeux dans les siens, la respiration irrégulière tellement le plaisir est fort.

Ses mains sur mes fesses suivent le rythme de mes hanches, quand elle ondulent, elles suivent la cambrure de mon dos.

Le sentir. Ca aussi ça m'avait manqué.

Le restaurant n'est pas très loin, et on peut distinguer dans la pénombre la lueur des torches extérieures. Au bout de quelques minutes je dois me mordre la lèvre pour garder silence.

Mais peu à peu tout devient trop fort. Son corps se tend tout entier, le mien ondule erratique, mes ongles griffant sa peau. Nos bouches étouffant nos voix.

Une main entre mes cuisses, il caresse mon clito.

Je serre les dents, peine à respirer pour contrôler ma voix. Il me regarde et me livre aussi les limites qu'il approche.

Il y a des fois, où les limites m'étouffent. Il y a des fois, où j'arrive à les haïr. Il y a des fois, où j'aime qu'elles perdent.

Je retire mon t-shirt et change assez de position pour que nous soyons plus libre. Il comprend ce que je veux.

Il semble sourire de mon inconscience.

“Vas-y viens” lui dis-je.

Et au plaisir succède une sorte de transe. J'aime quand les limites perdent. Physiquement quand je me sens submergée. Dans ma poitrine quand j'ai envie qu'on se consume. Dans mon esprit quand je le sens s'éteindre.

Une explosion. L'univers veut du cataclysme, alors soit. Je ne vais pas me débattre contre lui, et je le sens tout entier en moi. Tout entier dans ses yeux, qui sont mes miroirs les plus pures. Les seuls aussi fragiles que les miens au delà des remparts.

Et la jouissance. Synchrone parce qu'il m'a attendu.

J'inspire comme si c'était mon premier souffle. Celui à la naissance, chargé du premier air. J'ai l'impression l'espace d'une seconde, de ne plus rien avoir. Ni d'histoire, ni de nom, ni rien. Qu'il vient de prendre tout ce que j'ai.

Qu'il est paisible d'être démunie de tout.

Sa main qui effleure mon visage tremble.

“Ton absence... je ne suis plus sûre de pouvoir la supporter”

J'écoute ses mots. Je souris.

“Tu peux tout. Tu es l'être humain le plus fort que je connaisse.”

Je le serre fort contre moi.

“Bien plus fort que moi”

***

Quelques minutes plus tard, nous entrons dans la mer, nus, minuscules dans ce mystère immense. Le bruit de l'eau sur nos corps est comme un murmure millénaire.

Je fixe l'horizon dans cette fraicheur silencieuse, ma main dans la sienne.

Je ne comprends pas comment ça fonctionne. Tout ça. L'univers. L'existence. Tout m'échappe en ce moment.

Et quand je regarde devant moi, c'est bien elle que je vois, l'incertitude. Implacable, splendide à sa manière dans ce ciel parsemé d'étoiles.

Et comme à chaque fois qu'elle me submerge, il me serre dans ses bras, et plus rien est grave.

Derrière moi je sens son sexe tendu entre mes cuisses, je passe ma main derrière sa nuque quand il me pénètre. La friction de l'eau me fait presque mal. Sans un mot je le sens encore au fond de ma chatte et j'expire.

Et je finis par gémir à cette sensation. Cette sensation de lui qui me prend.

***

Il y a 5 ans, lui et moi assis sur un deck, seuls encore éveillés après une fête, achevant une bouteille de whisky devant l'aube.

“Il faut que tu me promettes une chose Alex.

-Quoi ?

-Si un jour je me perds, il faut que tu me le dises...

-Euh, c'est moi qui suis souvent plus perdue qu'autre chose...

-Promet-moi.”

***

Quand encore je le sens jouir, je me demande :

Est-ce que nous sommes en train de nous perdre ensemble ?

fin

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5 Commentaires


Recommended Comments

Tu sais à quel point je peux aimer tes billets.

Celui-ci ne déroge pas à la règle, bien au contraire.

Une puissance des mots telle que la tête m'en tourne quand je les lis, cette fois-ci encore. :oops:

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Walouuuuu !

Quel récit NG, ta plume n'a d'égal que ta beauté physique...

C'est toujours une merveille que de te lire, malgré le doute, malgré les questionnements...

Tout cela est tellement plein de sens !

Merci beaucoup !

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