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L'oasis

Mariveau

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(reprise d'un vieux texte -comme le vin j'essaye de bonifier mon écriture)

Palmyre est une ville noble par son site, par la richesse de son sol, par l’agrément de ses eaux. De tous côtés les étendues de sable entourent ses champs et elle est comme isolée du monde par la nature.

Palmyre est, en effet, une grande palmeraie à mi-chemin entre l’Oronte et l’Euphrate, passage obligé du désert syrien. Véritable oasis au milieu de la steppe, vaste plaine fertile et riche en sources.

La rivalité de Palmyre avec Rome causa sa perte mais la fit accéder en même temps au rang d’un mythe.

Oasis de Palmyre 1240

Les mots que je couche sur ce parchemin, vous parviendront-ils, je ne sais, mais je m'empresse de les tracer avant que la caravane parte pour l'Occident et que je cesse d'être cet homme que je fus dans le passé.

Je me nomme, Geoffroy de Parnissac, je suis un petit baron du Pays de la langue d'Oc, sans terres si ce n'est qu'une petite commanderie léguée par mon père. Ce père ancien Croisé m'a tout appris, des jeux de la guerre et j'ai appris les sciences des plantes, des étoiles, de l'écriture, des langues étrangères, par les gens qui l’avaient suivi de son périple en Orient. J'avais appris l'amour par ces mêmes orientales qui faisaient partie intégrante de ma maison mais que je considérais comme ma famille.

J'avais toujours été plus ou moins rejeté par ma caste, mais qu'importe. La solitude était mon amie, j'avais l'esprit aussi sombre que plus tard mon armure au combat, ma bannière, que devise

« Omnes vulnerant, ultima nécat »

Toutes blessent la dernière tue

Cela fait déjà maintenant 15 ans, et je m'en souviens encore. C'était une de ces journées d'été, propice au fracas des armes et à l’assouvissement de ses désirs. Le tournoi avait été digne des plus belles heures de mes suzerains le Roi de France et le Comte de Toulouse.

Les jeunes hommes s'étaient affrontés, brisant leur lance de bois sur des boucliers, à la grande joie des jouvencelles et des nobles femmes présentes.

J'avais déjà l'image d'un homme mûr avec mes trente ans, et je me défendais encore bien au combat des armes et de l'amour.

Le banquet commença, je prenais place au bout de la salle. Que de belles femmes, aux robes chatoyantes. Que de brouhaha, que de rire. Les bateleurs, jongleurs cracheurs de feu, les montreurs d’ours et acrobates enjouaient l’assistance. Les montreurs d'ours arrachaient de petits cris de frayeur aux jouvencelles. Je n'écoutais que d'une oreille distraite les jeunes hommes relatant leurs exploits au cours du tournoi ou quelques conquêtes de paysannes de leur fief.

Vous étiez là madame, vous aviez vingt ans, je vous observais, vous étiez belle, je devinais vos longs cheveux blonds sous votre coiffe. Votre robe d'un vert émeraude, laissait deviner vos formes parfaites.

Au son des flutes et des luths, une farandole se forma, et vous emporta dans une sarabande endiablée. Je restais assis plongé dans mes pensées. Je fus soudain saisi par un bras et emporté dans cette danse endiablée. C'était vous belle Aurore. Au détour d'une porte, vous rompîtes cette sarabande m'entrainant et nous nous retrouvâmes seuls. Votre jeunesse endiablée, vous conduisit à déposer vos lèvres sur les miennes. Vous vous laissâtes faire lorsque je fis de même avec vous.

« Prenez moi me dites-vous, je suis à vous. »

Nous traversâmes la cour du Palais, je vous amenais dans ma chambre. Je vous soulevais dans mes bras, je sentais votre cœur battre contre le mien. Nous nous embrassèrent longuement. Vous fîtes glisser le long de votre corps votre robe laissant apparaître vos doux seins d'une blancheur de nacre, aux aréoles rosées et au pointes écarlates durcies par le désir, comme les épines de la rose que vous êtes. Vos hanches étaient si fines, je n'osais vous toucher, je devinais les courbes de votre séant.

Vous vous approchant de moi et vous prîtes mes mains conduisant l'une sur vos seins et l'autre à l'entrée de votre caverne d'Eros. Je pouvais sentir votre souffle, mes doigts s'attardant sur vos pointes et votre bourgeon, vous laissant échapper des gémissements de plaisir. Je me dévêtis laissant apparaître mon désir tendu vers cette ode à Vénus. Vous vous allongeâtes sur le sol m'appelant à vous, m'appelant en vous. Je pénétrais lentement en vous, je sentais mon désir forcer votre grotte d’amour. Vos jambes enserrèrent mes hanches et d'un coup vous me laissâtes vous posséder totalement.

Je sentais vos hanches onduler, j'allais et venais en vous, nous tournèrent sur le sol et vous virent me chevaucher, offrant vos seins tendus à ma bouche avide. Vos pointes dardées d’un rouge carmin contrastaient avec le rose pâle de vos aréoles. Votre bourgeon frottait contre mon pubis, je sentais ainsi votre chaud nectar couler sur mon bas ventre. Je caressais vos doux seins avec vos cheveux. Puis virent vos tremblements, suivis de votre cri de jouissance qui se mêla à mon râle lorsque je m’épanchais en vous.

Alors que nous nous étions allongés l'un contre l'autre, vous me dites à l'oreille :

« Je sais par vos servantes qu'elles vous ont appris plein de choses et j’ai fait de même pour apprendre aussi ce qu'un homme attend d'une femme »

Vous vous mîtes à genou prenant de vos mains d'abords puis de vos lèvres ma lance. Ce fut un moment merveilleux, votre langue glissant le long de mon pieu, tournoyant aux frontières de mon gland. Nous basculâmes à nouveau sur les peaux de loups qui recouvraient les dalles de grès de la chambre. Sous la lueur des flammes envahissant l’âtre de la cheminée. Je plongeais ma bouche vers votre calice pour m’enivrer de votre liquide intime. La langue vagabondait entre vos douces lèvres, puis s’immisçait en votre caverne d’amour vous arrachant soupirs et gémissements. Votre bouche s’activait au rythme de votre jouissance, jouissance qui eut raison de mon plaisir, libérant mon écume en votre gorge

Mais notre absence allait être découverte et après s’être rapprêtés nous revîmes dans la salle du banquet. La fête dura fort tard dans la nuit. Un de vos serviteurs me remit un billet dans lequel de votre écriture si fine, vous me dites que vous étiez à moi.

Une saison de guerre, de fracas, de souffrance de mort passa et je reçus un autre billet avec vos armes, mon cœur s’emballa mais très vite saigna lorsque j'appris que vous étiez mariée à homme de haute lignée, et que notre fils, issue de cette nuit ne porterait pas mon nom.

C'était il y a quinze ans. J'ai affranchi mes gens, je leur ai donné mes terres, donné mon miséreux châteaux à l'homme qui avait pris mon Amour sachant qu'il reviendrait un jour à mon fils et j'ai pris la route de l'Orient. Là-bas profitant de mes connaissances, je louais mes services aux chefs de caravanes pour leur protection. Je me battis aussi, mais cette suite de tueries, massacre me lassa, et j’applaudi lorsque l’Empereur du Saint Empire Frédéric II signa un traité avec le sultan de Syrie. Je continuais de survivre partageant la vie des caravaniers. Mais une tempête de sable en décida autrement.

Séparé de mes compagnons, je me retrouvais errant dans le désert. Je fus découvert dans le désert pratiquement mourant. Je fus conduit à Palmyre.

Cette oasis de Syrie, brille de mille feux, le verts des palmiers, le bleue des sources et le jaune du sable font un contraste troublant. La chaleur du désert contraste avec la fraicheur de l'oasis.

Le désert est comme peau de panthère : le fond jaune de la peau, c’est le désert ; les taches noires sont les oasis. Je jaune du désert est jaune, l’oasis est noire. Les cimes des palmiers, rapprochées l’une de l’autre, forment une surface unie dont le vert foncé paraît noir par un effet de contraste.

Les parfums y sont envoûtants. Des nombreuses maisons ornées de jardins en terrasse côtoient les ruines antiques. Palmyre, cité légendaire où errent la reine de Saba et Salomon, la reine Zénobie et son destin éphémère.

Elle est là.

Elle me sourit alors que j'écris ces mots, elle est allongée sur des coussins de soie venant de Samarkand. Elle est nue, simplement recouverte d'un voile transparent. Ses cheveux d'un noir comme la nuit, tombe au-delà de ses hanches accueillantes. Sa peau halée est si douce au toucher de mes mains durcis par les ans. Ses seins sont lourds, généreux, leurs pointes sont presque noires, les aréoles larges. Je ne peux me rassasier d'eux. Son pubis et son antre du plaisir son aussi lisse que l’eau de l’étang gelé de mon enfance. La beauté de ses yeux noirs, rehaussé d’un maquillage délicat m’envoûtait, je me souvenais des représentations de la belle compagne du Grand Alexandre.

La première fois que je l'ai vu, je venais donc d'être découvert dans le désert pratiquement mourant. J’étais certes un infidèle mais avec mes connaissances je fus introduit dans le cercle d'un savant.

Il vivait avec sa fille, veuve d'un Officier de l’armée du sultan.

Elle m'observa longtemps, craintive et curieuse, ne faisais- je pas partie de ces soudards francs qui avait tué son époux.

Une nuit, alors que mon sommeil était tourmenté de cauchemars, je criais votre nom Aurore. Leia, c'est son nom, vint dans la chambre, me caressa le front coulant de sueur, je tremblais de froid. Elle s'allongea nue contre moi et me pris dans ses bras. Elle me demanda qui était Aurore et je lui racontais alors notre seule nuit d'amour.

Sans rien dire, elle descendit le long de mon corps et de sa bouche prit ma lance et entreprit un voyage avec ses lèvres et sa langue. Si un instant je revis les images de vous Aurore, je l’avoue s’estompèrent, me laissant captif de Leia. Ses mains, ses lèvres, sa langue, faisaient de ma verge un brasier plus intense que le soleil de ce désert qui avait failli avoir raison de moi.

Elle vint sur moi, fougueuse, elle semblait vouloir me chevaucher, comme on monte un étalon arabe. Ses seins lourds dessinaient dans le vide des arabesques érotique. Je les caressais de mes mains, qui prirent le chemin de ses hanches sublimes. Allant et venant sur mon épée de chair, son nectar coulait à grand flot inondant mon pubis, mon membre.

Mais je sentais qu’elle voulait savoir de quel métal j’étais fait. Je me souvins alors des filles de mes nourrices orientales et je pris les rênes de son plaisir, jouant de ma langue sur son bourgeon d'amour, écartelant ses lèvres intimes, jouant de ma langue comme un sexe avide d’aimer.

Dans la chambre, l’atmosphère était chargée de nos parfums, d’essence de jasmin, de savon d’Alep, et surtout de roses de Damas. Roses au combien sublime comme celle qu’elle offrit s’empalant sur moi me tournant le dos, laissant mes mains cadencer ses va et vient, m’enfonçant au plus profond de son intimité.

Elle offrait son corps, ses seins au soleil naissant du matin, lorsque nous atteignirent le point sublime d’ignition de notre plaisir, libérant une dernière fois en elle mon jus intime dans un râle puissant se mêlant à son cri de jouissance.

Depuis ce jour nous nous aimons, nous nous donnons chaque jour l'un à l'autre.

C'est ainsi que je clos cette seule et unique chronique, le chef de la caravane arrive, je dépose une dernière fois mon sceau. C'est la fin d'une vie, enfin une nouvelle commence.

palmyr10.jpg

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