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La Dame de Mortain

Mariveau

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Je dédie ce texte à ma Muse mais aussi à un couple d'amoureux finautes qui j'espère se reconnaitront

Où nous mîmes à la guerre fin,

Quand elle me donna un don si grand,

Son amour et son anneau :

Que Dieu me laisse vivre tant

Quand j’aie mes mains sous son manteau !

Ainsi écrivait sur les femmes le Duc d’Aquitaine Guillaume IX dit Guillaume le Troubadour, le grand père de la Grande, sublime, sensuelle, et amoureuse Aliénor d’Aquitaine.

Cet homme amoureux des femmes et le créateur de l’Amour Courtois qui perdura plus tard sous l’égide de sa petite fille à la Cour d’Amour de Poitiers.

Pour se repérer dans l’espace et le temps et sans vouloir être aussi rébarbatifs que les clercs qui m’ont donné le goût d’écrire, voici un petit résumé sur les événements qui vont suivre.

Nous sommes en 1099, à la veille de la 1°croisade, à Toulouse vient de naitre le fils de mon Duc.

Mon suzerain a obtenu par mariage avec Philippa de Toulouse des droits sur le Comté de Toulouse et le Marquisat de Provence.

Les terres de mon seigneur et maitre s’étendent de la rive gauche de la Loire, au Poitou, au Limousin, une partie de l’Auvergne, la Guyenne, la Gascogne ainsi que le Quercy.

Je ne suis qu’un simple chevalier du Pays de Buch, sur les bords de cette petite mer qui s’ouvre sur le grand Océan.

Je prends plaisir à festoyer, à ripailler, trousser et guerroyer, louant mon épée à mes suzerains et offrant ma lance à leurs charmantes et sensuelles femmes, filles ou sœurs.

J aime manier ma lame de taille et d’estoc, autant chanter et charmer en pinçant les cordes de mon luth.

Mais un soir j’y suis allé un peu fort avec une dame d’un seigneur poitevin , la belle ne s’était pas retenue dans ses cris et gémissements dans le château parvenant aux oreilles de son mari . Le dit seigneur doit se souvenir de moi par la balafre que je lui ai laissé sur la joue, je vous rassure sa belle se souvient aussi de la fougue de la lance.

Me voilà donc envoyé en Quercy comme Seigneur du Château de Lolmie, peu de nobles dames mais de jolies et peu farouches bergères.

Laissant à mon lieutenant d’armes le contrôle des terres dont on m’avait confié la garde, je passais souvent mon temps à la capitale des Comtes de Toulouse.

Je me liais d’amitié avec un chevalier toulousain aussi amateurs de combats, de beaux mots et de belles femmes.

Nous étions jeunes nos lances étaient bien agiles et perçantes. Nous passions notre temps à batailler, fendant quelques crânes ou panses de brigands, et à charmer belles dames et trousser quelques fermières girondes, aux hanches généreuses et accueillantes, jeunes servantes aux seins bien durs et à la peau de lait.

Nous avions une vingtaine d’années.

Puis nous partîmes à la suite de notre suzerain pour la Terre Sainte, non pour la gloire du Christ je l’avoue, mais pour conquérir de nouveaux horizons de gloire et de plaisirs.

Certes nous nous sommes battus contre disait on l’Infidèle, nous avons perdu des camarades par le fer et la maladie. Mais nous avons découvert les charmes des femmes arabes, des persanes.

Nous nous sommes imprégnés de cette culture de l’art, de la poésie érotique, et de bien d’autres merveilles.

Notre maitre est rentré en ses terres, mais mon ami et moi-même sommes restés jusqu’au moment où la nostalgie de nos Païs nous a rappelé à nos terres.

Après 22 ans d’errance entre Orient et Europe nous voilà revenu en Aquitaine, pour assister à la naissance de la fille de Guillaume X le nouveau Duc d’Aquitaine.

Nous venons rendre hommage à la future Duchesse Aliénor pour les fêtes données en son honneur au palais ducal de Poitiers.

Nous avons vieilli, mais nos lances sont encore dures lorsque nous devons honorer un combat avec la gente féminine qui découvre et apprécie nos techniques ramenées d’Orient.

Ce soir la fête est grandiose, la salle principale d’apparat est éclairée par des centaines de flambeaux. Les danseurs , les jongleurs , les montreurs d’ours du Béarn accompagnés de ménestrels s’ébattent autour des grandes tables couvertes de grand draps de lin blanc brodé, de vaisselles d’argent et d’or. Des volailles poulardes, faisans, paons, gibiers, Cerfs, biches et daims, poissons carpes brochets couvrent les tables. Les vins de Bordeaux, et de Bourgogne coulent à flot.

Les grands seigneurs du Royaume de France, les Ducs de Bourgogne, de Normandie, d’Anjou, les envoyés du Saint Empire Romain Germanique et leur suite parlent, rient, chantent.

C’est là que mon ami croisa le regard de cette belle dame Palatine, subjugué par sa beauté, il la charma par ses poèmes. Dame Luce de Ribeauvillé et le Seigneur de Muret ne se quittèrent plus et un jour d’octobre 1122, il prit son destrier Hébus et traversant le royaume de France et le Duché de Champagne , il la rejoignit.

Quant à moi l’amour devait aussi me foudroyer ce soir là . Face à moi, il y avait une belle dame, faisant partie de la suite des Plantagenêt , Dame Christine Comtesse de Mortain .

Cette femme avait une beauté envoûtante, des yeux aussi profonds que l’Océan qui m’avait vu naitre, un corps si délicat les maternités n’avaient fait qu’embellir sa beauté naturelle. Son mari seigneur de Falaise avait disparu durant la Croisade.

Nous parlâmes toutes la soirée sans nous soucier de nos voisins, se découvrant, riant, ou simplement se regardant sans parler.

Je raccompagnais la Dame à ses appartements, lorsqu’ elle déposa un baiser sur mes lèvres, que je rendis la plaquant sur le mur de pierre. Elle frissonna , mais ce n était pas le froid de la pierre mais simplement le désir qui naissait en elle autant qu’il naissait en moi.

Elle portait un bliaud cette robe verte à gros plis supposées masquant les lignes du corps qu’il devinait sous les caresses de ses mains

Son encolure était au ras du cou et pourvue d'une fente verticale, fermée par une énorme broche rehaussée d'une pierre d’ambre.

Son surcot de couleur rouge sans manches et joliment ajustées étaient, fermé sur le devant par une autre broche.

Il était si long malgré la ceinture à laquelle pendait l'aumônière.

Le surcot était maintenant ouvert.

Je découvrais un corsage fendu et largement échancré des hanches aux emmanchures, laissant apercevoir la cotte, tandis que le devant formait une sorte de gilet recouvert d'hermine.

Cette "fenêtre de l'enfer" laissait apercevoir les hanches sublimes de Christine . Elle portait une coiffe de la couleur de son bliaud

Ses lèvres avaient un goût de miel, son cœur battait à tout rompre

Je la serrai dans mes bras.

Nous nous embrassâmes longuement tout en entrant dans ses appartements où un feu digne des enfers crépitait dans le grand âtre de la pièce principale.

Le sol était couvert de tapis, de peaux , de coussins aux couleurs chatoyantes et à la douceur subtile .Elle fit descendre le long de son corps sa robe laissant apparaître ses doux seins d'une blancheur de nacre, aux aréoles rosées et au pointes écarlates durcies par le désir, comme les épines de d’une rose.

Ses hanches étaient si accueillante, je n’osais la toucher, je devinais les courbes de son séant.

Elle s'approcha de moi et elle prit mes mains conduisant l'une sur ses seins et l'autre à l'entrée de sa caverne d’Eros. Je pouvais sentir son souffle, mes doigts s'attardèrent sur ses pointes et son bourgeon, lui laissant échapper des gémissements de plaisirs.

Je retirais ma tunique, mes chausses laissant apparaître mon désir tendu vers cette ode à Aphrodite.

Nous nous allongeâmes à même le sol nos corps s'appelant l'un à l'autre.

Je pénétrais lentement en elle sentant mon désir forcer sa grotte d’amour. Ses jambes enserrèrent mes hanches et d'un coup elle me laissa la posséder totalement.

Je sentais ses hanches qui ondulaient, j’allais et venais en elle, tournoyant sur le sol et elle vint à me chevaucher. Son cri de jouissance se mêla à mon râle lorsque je répendis ma semence en sa matrice

Nous restâmes enlacés

Prenez moi encore me dit elle dans une souffle d'amour, précédé de ma lance, je m’enfonçais à nouveau en elle avec douceur lenteur, ses mouvement du bassin se cadençait comme cette musique arabe qui m’avait tant envoûtée sous les palmiers de la grande oasis de Palmyre dans le désert de Syrie.

Elle gémit encore et encore son plaisir, se cambra pour mieux me recevoir, serra ses muscles intimes pour recevoir à nouveau en longs et puissants jets chauds de mon liquide de vie. Ses cuisses enserrant mes hanches, me labourant de ses ongles son dos

Nous ne faisions plus qu’un seul corps soudés l'un à l'autre bouche contre bouche, nos langues entamant une sarabande endiablée.

Puis elle vint à me chevaucher, je la caressais, ma bouche suçotant ses seins. Je me redressais et atteignant la position du lotus, nous atteignîmes à nouveau un cran dans le plaisir des sens en ayant un nouvel orgasme, inondant à nouveau ce doux ventre.

Je sentais couler le long de ma hampe, mon écume mêlée à la cyprine de mon amante.

Nous étions maintenant en proie aux désirs des plus charnel, elle s'empara de sa bouche et des ses mains de mon épée, se délectant de mon suc masculin, mêlé de son nectar intime.

Nous fîmes l’amour toute la nuit et les jours qui suivirent.

Mon ami faisait de même avec sa belle.

Puis Dame Christine rejoignit ses terres de Normandie.

Tout comme mon ami, je pris la route un matin d’octobre 1122 pour le Duché de Normandie, chevauchant mon fidèle étalon arabe Soliman.

Dame Christine m’attendait .



2 Commentaires


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J'aime ce genre de récit et tu le sais mon F'Rôdeur :)

Merci , merciiiiiiii

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