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FI blog numéro 014, Ryu et les rencontres de la vie... (V)

Ryushijou

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blog-0706389001370348533.jpgFI blog numéro 014,

Ryu... et la rencontre de la mort...

Souvent, la Mort est un concepte... On nous explique plus petit qu'une personne qui dort pour toujours est "Partie"... Oui mais où ? Comment ? Pourquoi ?

Souvent la première rencontre avec un mort se fait assez jeune... 8 à 10 ans. Souvent une vieille tata ou un vieu tonton qu'on a vu une ou deux fois... Dont on arrive même pas à se rappeller le nom ou le surnom... On voit les gens tristes... Les larmes aux yeux, coulantes sur les joues... Et le mouchoir plein de morve... On ne parvient pas à partager leurs peines... Mais on pleure tout de même... Parce qu'on ressent la peine des gens... On profite du repas, on s'amuse, joue avec les plus jeunes de la famille... Et on retourne se coucher... Un journée parmis tant d'autres...

Les autres morts ne nous touchent pas plus... On ne comprend toujours pas la peine ressentie...

Puis vient ce jour... Le jour fatidique où c'est quelqu'un de plus proche... Une arrière grand-mère, grand tante ou un parrain ou un amis que la famille tient en estime depuis un bon moment... Bref... Cette fois vous ressentez un vide... Une amertume... Un grand manque... Et vous sentez que rien ne le comblera... Que rien ne pourra remplacer cette partie vide du coeur. Mais vous avez les souvenirs... Et ils bâtissent une muraille, comme une sape dans ce vide qui est dans le coeur... Et il va finir par le "combler" mais restera plus que fragile...

La première mort que j'ai connue, c'était mon arrière arrière grand mère. Elle était la seconde épouse (à l'époque cela était mal vu...) de l'arrière grand-père de ma mère (que je n'ai pas connu, mort 2 mois avant ma naissance). Elle était touché d'Alzheimer. Je ne la connaissai que par les rares visite du dimanche. Et je n'ai pas eu un grand chagrin qu'elle fut "partie".

La seconde mort, qui m'a touchée elle, fut un grand ami de la famille... Le "conseiller". Le genre d'homme, qui quand il voyait une famille partir en éclar pour une broutille ou une affaire plus importante, sonnait du clairon et tout le monde arrivait... Et discutait. Un pacificateur né. Il résolvait tout les ennuis. Car pour lui, la famille était la valeur la plus sûre qui existait. Et il voulait qu'aucune famille ne soit dissoute peu importe la raison.

Avec la famille que j'ai (CF : l'arrière grand père qui a arnaquer le grand-père) il était souvent chez nous. Et on le remerciait toujours...

Mort d'une crise cardiaque... Je ne l'ai pas vu... Ni au funérarium... Ni avant la "fermeture"... Je n'ai pas spécialement pleurer à la messe... Ni à la mise en terre... Mais ce manque était là... Bien ancré dans le coeur... Mais c'était pas trop un soucis... Je n'ai jamais eu le même manque que sa famille... Mais il n'était plus là. C'est un fait...

Et souvent... Puisque jamais deux sans trois... La troisième mort qu'on connait... Nous touche pleinement. C'est LA mort qu'il ne faut pas... Qui vous bascule presque dans la folie ou la demi-folie... Qui vous fait comprendre combien c'est injuste...

Pour les rares me connaissant... Vous savez que mon grand-père est (était...) le seul homme que j'admirais. Qui pouvais me toucher... Avoir un contact avec moi. C'est le seul homme à qui je serrai la main ou faisait la bise... Alors que tout autre contact masculin me file la gerbe.

Un cancer... Celui du fumeur... Une chose un peu... "Comique" pour un homme n'ayant jamais fumé. Mais les heures de conduites pour un taxi avec des clients fumeur l'avaient touché...

Il s'en est remis... Difficilement... Mais il l'a "vaincu"... Il savait combien il était le pillier de notre famille... Qu'il tenait les fondations de toute notre famille sur ses épaules... Peut être aurions-nous du ne pas faire cela... Car il rechuta... Cancer généralisé... Fatal à tout les coups...

Mais une chose m'empêchait d'aller le voir à l'hôpital... D'aller le voir pour la dernière fois... Une promesse...

Au téléphone, il m'avait promis de rester jusqu'à ce que je vienne... Qu'il se battrait... Et qu'il me montrerai l'exemple encore une fois... Qu'il me montrerai comment un homme, un gentleman se battait...

Les dernières nouvelles étaient bonnes... Il avait repris du poil de la bête... Je décidai donc d'aller le voir... Le temps de faire le voyage et de me rendre à Bruxelles, je l'eu une dernière fois au téléphone la veille de ma visite prévue...

Le lendemain... 7h30... Un appel... L'hôpital...

Le mal était fait... Mon grand-père était parti... On nous demanda de venir pour lui dire au revoir dans la chambre...

Je ne saurai vous décrire, alors que les larmes coulent à l'instant à grandes eaux, les sentiments m'étant passé par la tête... J'imaginais mille choses... Et la plus probable étant "Il nous fait encore une farce... Il s'amuse avec les infirmière... Il se réveillera pour nous crier BOUH !"...

J'étais devant la porte... En tête de file... J'avais couru... Inconsciement... Je pris la poignée en main... Et impossible... J'étais bloqué. Pas moyen... Immobilisé... Rien de rien. La tête aussi vide que le néant absolu. Maman me prit l'épaule en main et je sursautai... Ouvrant la poignée de porte par réflexe...

Il était là... Etendu... Blanc comme une aspirine... Je n'eu qu'un réflexe...

M'asseoir. Je m'assis sur une chaise qui trainait... Grand-mère, maman anéantie à côté de moi... L'embrassant et pleurant... Moi pas une larme... Rien... Sous le choc...

Ils quittèrent la pièce... Combien de temps ? Je l'ignore. J'étais hors du plan, hors du contexte. La terre aurait explosé, une bombe explosé... Rien ne m'aurait sorti de cette torpeur... Il y avait l'image... Mais plus de sons... De conscience... Plus de personnalité...

Une main se reposa sur mon épaule. Je resursautai sur ma chaise... Mon regard toujours posé sur lui...

"Il faut y aller... On a des choses à faire..."

C'était maman... Je réagi enfin... Les larmes coulèrent enfin, la conscience revenue, j'avais enfin compris que ce n'était pas une farce...

"Non... Non... Il va se réveiller... Il me l'a promis... Il m'attendrait... Se battrait... Vivrait... Il fait semblant... C'est une farce... Une sombre et stupide farce..."

J'ignorai combien j'avais raison... C'était sa dernière farce en effet... Il était parti boire une bière au bistrot des cieux et nous laissait la plus amère des bières... Celle qu'on enterre et qu'on ne remarque plus...

Je n'ai jamais pu me rendre aux adieux... Ni au funérarium... Ni à la fermeture... Je n'ai jamais pu lui dire au revoir au micro dans une salle bondée de sa famille, ses amis et même ses clients les plus fidèles !

Je n'ai jamais fait le deuil... Aujourd'hui encore... Alors que voilà deux ans, aujourd'hui... Qu'il nous a quitté...

Aujourd'hui j'ai honte... Je n'ai même pas encore pu me regarder dans un miroir...

Voilà deux ans que sa stèle a été posée... Et je ne me suis encore jamais rendu pour y déposé une fleur...

Par lâcheté ? Par honte ? Parce que d'autres sentiments m'habitent ?

Non... Parce que j'ai moi aussi ma promesse à honnorer... Je lui ai promis de le revoir une fois mon diplôme obtenu...

Aujourd'hui... Je suis blessé... Une main dans le sac... Et mon diplôme est repoussé en septembre...

Je vais devoir bosser ET reviser pendant une période où les vancanciers vont nous menez la vie dure... Où les horraires seront les plus merdique... Mais grand-père, je prend les étoiles à témoins... Je tiendrai ma promesse.

Et je viendrai déposé mon diplôme à tes stèles.

Rest in peace...

Aujourd'hui tu nous laisses...

Aujourd'hui nous pleurons toutes les larmes...

Tu nous laisse aujourd'hui...

Les larmes coulent sans arrêt...

Alors que tu nous quittes, le ciel s'assombrit...

Alors que tu nous quittes, je n'ai plus rien...

Tu me laisse une famille sans repères,

Perdue et déboussolée...

Tu nous offres un dernier verre...

Au goût amer et salé,

Tu recueilles chacune de nos larmes,

Tu t'en abreuves...

Bon gré, mal gré !

Tu nous offres ce verre,

Amer !

Nous faisant hurler !

Mais ces hurlements ne viennent que du coeur !

Nos gorges trop nouer pour hurler,

Tu nous offres un dernier verre...

Mais c'est quoi cette bière ?

Grand-père tu promis de m'attendre...

Grand-père tu étais ma force...

Père pour chacun de nous...

Frère pour certains !

Père encore pour beaucoup !

Papa pour moi tu étais...

Et jamais, Papa, je n'ai pu te dire...

Papa Gunther... Je t'aime.

Aujourd'hui, tu me laisses, la gorge serrée...

Aujourd'hui, tu m'abandonnes...

Aujourd'hui, je ne peux t'en vouloir...

Je t'aime Papa.

Je prie que les dragon des cieux,

Que les anges du paradis,

Que les démons bannis au ciel,

T'apporte cette phrase Grand-père, Bompa...

JE T'AIME PAPA !!!!!

Tu as jamais été le seul à être cela pour moi !

Tu étais, es et restera mon Papa.

JE T'AIME PAPA !!!!!



1 Commentaire


Recommended Comments

Tres touchant et je peut comprendre ce que tu ressens , j ai perdu mon pere il y a 3 ans du cancer du fumeur aussi et je n ai toujours pas fait mondeuil non plus

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