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L'insupportable absence

Palmyre

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Quand j'ai cru perdre définitivement mon homme et mon couple, à une période où les tensions entre nous devenaient ingérables, j'ai commis ce petit texte. J'ai failli ne pas le publier, je ne l'aime pas et pourtant, c'est celui qui m'a valu les plus de commentaires en MP.

Pour vous préciser le contexte, mon homme était en pleine charrette professionnelle avec une amie architecte, ils travaillaient ensemble sur un concours et je me suis retrouvée totalement mise à l'écart alors même que je me battais depuis des mois pour ranimer son désir. Non seulement notre amie passait ses week-ends chez nous, mais en plus, je n'étais là que pour faire la bonniche; nous n'avions plus aucune intimité. J'ai cru l'avoir définitivement perdu à ce moment-là et c'est vrai que j'ai failli disparaître, prendre ma voiture et rouler sans but pour fuir cette vie qui ne m'apportait plus rien...

Au lieu de ça, j'ai installé mon ordinateur à la cuisine, j'ai fermé la porte à clé et j'ai écrit.

Ma Caroline chérie, deux semaines déjà que tu es partie et je n’ai toujours pas d’explication. Je n’ai rien compris, tout s’est passé tellement vite et personne n’a pu me dire le pourquoi du comment ! Tu me manques horriblement, je pense à toi jour et nuit, j’en perds le sommeil, je ne mange plus, je suis comme un zombie.

Les premiers jours j’étais entouré de la famille, de nos amis, ils étaient tous là pour m’éviter de sombrer, mais petit à petit, la vie continue, sauf pour moi. Je me sens si seul sans toi auprès de moi, sans ton sourire lumineux qui éclairait ma vie, sans ta douce présence à mes côtés. Le goût sucré de tes lèvres, le velouté de ta peau, la légèreté de tes caresses… l’absence de tout cela crée en moi un gouffre de solitude et de désarroi.

Olivier mon amour, que m’arrive t-il ? Je suis perdue, je ne sais même pas où je suis, je ne comprends pas ce qu’il m’arrive ! Je suis dans un endroit inconnu, au milieu de gens bizarres que je ne connais pas et je ne sais pas comment je suis arrivée ici ! Je me souviens que je suis partie faire mon footing, puis c’est le trou noir ! Et je me suis retrouvée dans ce lieu étranger, sans savoir comment. J’ai peur ! Je cherche vainement des explications mais rien ne vient. On ne me parle pas et j’ignore depuis quand je suis ici. Viens à mon secours, j’ai besoin de toi mon trésor.

Caroline mon ange, hier pour la première fois, je suis retourné dans ton bureau et j’ai vu, étalées sur la table à dessin, les photos de nos vacances au soleil. Tu voulais les classer, sélectionner les plus belles pour en faire un album souvenir. J’ai passé l’après-midi à les regarder, à te contempler. Mes larmes coulaient sans que je puisse les arrêter. Je te revois, posant en bikini sur la plage, avec la mer turquoise en toile de fond. Je me souviens de nos promenades au coucher du soleil, main dans la main et yeux dans les yeux. Ton absence m’est insupportable, j’ai besoin de toi, de sentir ton odeur, de te serrer tendrement dans mes bras, de t’embrasser dans le cou et de laisser mes mains s’égarer sur tes seins, sur ton ventre, redescendant doucement vers ton intimité si accueillante.

Olivier mon petit cœur, j’erre sans but dans cet endroit étrange. Je ne reconnais rien et je cherche la sortie. Où suis-je ? Tu me manques tellement. Ce lieu ne semble pas avoir de limites et j’ai l’impression de tourner en rond, de me heurter à un mur invisible. Tout à l’heure, je ne saurais dire quand, j’ai l’impression que le temps s’écoule bizarrement ici, j’ai ressenti une impression étrange, comme si tu posais tes yeux sur moi sans me voir. Je suis là mon amour, viens vite me chercher, ramène moi à la maison ! Je veux te revoir, me blottir dans tes bras, couvrir ton corps de longs baisers brûlants, sentir ta peau contre la mienne et que nos deux corps n’en fasse plus qu’un dans une étreinte infiniment douce et voluptueuse.

Caroline, ma déesse d’amour, il se fait tard et je suis épuisé. Le manque de sommeil me terrasse. Je suis couché, seul dans ce grand lit et chaque fois que je tourne la tête, je vois ta place vide. Je serre ton oreiller tout contre moi, je plonge mon visage dedans pour humer la moindre de tes effluves. Tu sens bon, j’y retrouve encore un peu de ton parfum délicat. Le manque de toi se fait cruel, je n’arrive pas à dormir et je repense aux bon moments que nous avons passés dans ce lit, à nos jeux interdits, à nos délires passionnés. Je te revois, attachant mes poignets aux montants du lit avec des foulards en soie. Je suis ton prisonnier soumis, l’objet de tes fantasmes les plus fous. Tu t’approches de moi et commences à m’enduire le corps d’huile de massage parfumée, tes mains sont douces et caressantes sur ma peau, tu me fais frissonner. Tes doigts agiles explorent mon corps, montant, descendant, revenant en arrière ! Mon désir fièrement dressé est un hommage à ta sensualité. Tu te recules de deux pas et étales sur ta propre peau la même huile, tes gestes sont lents et voluptueux, je te sens frémissante et impatiente, mais tu fais durer ce moment de pure émotion. Puis tu viens t’allonger sur moi, tes formes divines épousent les miennes, créant en moi une délicieuse tension. Ton corps glisse sur le mien, tes seins descendent vers mon membre tendu, venant l’enserrer dans leur délicat sillon. Tes va et viens sont d’une douceur infinie, cependant que tes mains viennent caresser chaque centimètre carré de mon torse. Tes lèvres se posent sur le bout de mon sexe qui dépasse d’entre tes seins. Ta langue se fait fureteuse, elle lèche et lape ma goutte de rosée. Puis tu me prends en bouche, alternant délicieusement succions et caresses. Ta bouche est douce et accueillante autour de mon membre, je me sens défaillir. Tu t’en rends compte et restes immobile, le temps pour moi de contrôler mes émotions. Puis tu viens sur moi, ta fente brûlante se posant sur ma virilité. Je sens ton bouton palpitant de désir et l’humidité de ton intimité. Ta main me dirige vers ton antre secret et je me sens pénétrer en toi. Ta chaleur me rend fou, tes mouvements de bassin me font perdre la tête, ta douce sensualité me transporte dans un univers de plaisirs insoupçonnés. Je n’en peux plus de désir et ma jouissance vient exploser au fond de toi, au moment précis où toi aussi tu t’abandonnes à la volupté de ton orgasme.

Ma Caroline, ce n’était qu’un rêve ! Je me réveille, le ventre poisseux de ce désir de toi mais tu n’es pas là ! Je pleure sur toi, sur moi, sur notre bonheur perdu mais enfin je parviens à trouver le sommeil. Pourvu qu’il me rapproche de toi !

Mon Olivier, mon homme tant aimé, je viens d’éprouver une sensation inexplicable ! C’est comme si j’avais senti ta présence à mes côtés mais je ne te vois pas. Je me suis éloignée des autres, qui de toute manière ne s’intéressent pas à moi. Je suis seule dans ce pays étrange mais j’ai l’impression que tu cherches à me rejoindre. J’ai senti ton souffle sur ma peau, la caresse de ta main dans mes cheveux. J’ai imaginé tes lèvres sur les miennes, ta langue cherchant à forcer le passage pour venir trouver la mienne. Tes baisers se font plus profonds, réveillant en moi d’exquises réactions. Mon ventre me picote, mes seins appellent tes mains. Que c’est bon de ne plus être seule, de t’avoir à mes côtés. Tu m’as tant manqué !

Mon Olivier adoré, je voudrais que cette présence fugitive ne s’estompe jamais. Je veux que tu restes auprès de moi pour me rassurer, me protéger et me combler de ton amour si fort à chaque instant. Je suis inquiète, il me semble que mes souvenirs de toi s’estompent, comment est-ce possible, toi qui es tout pour moi ! Il me faut m’accrocher à ton image, à celle de ton visage aimé pour ne pas oublier la communion de nos sens et de nos sentiments. Je fixe mon esprit sur nos vacances, il me semble que j’avais commencé à trier les photos.

Ma mémoire me joue des tours, mais l’image de toi au bord d’une cascade me revient. Nous étions partis en randonnée tous les deux sur cette île paradisiaque et nous sommes tombés sur ce coin d’Eden. La chute d’eau chantait un air cristallin, l’ombre des arbres alentours dispensait une bienfaisante fraîcheur et nous avons pique-niqué au bord de l’eau. Après une courte sieste, je me suis déshabillée pour me laisser glisser dans l’eau fraîche du bassin. Le contact de l’eau sur ma peau nue provoquait en moi de douces sensations de bien-être. Mes tétons durcis par le froid pointaient agréablement et mon corps s’éveillait progressivement au désir de toi. Tu as dû le sentir car tu as plongé dans le bassin et, en quelques brasses puissantes, tu étais à mes côtés, venant te coller contre moi. Je me suis retournée, j’ai passé mes bras autour de ton cou, mes jambes autour de ta taille, me laissant porter par ton corps musclé. Tu m’as plaquée contre une roche plate et j’ai senti ton désir tendu se plaquer contre mon bas-ventre. Tu me dévorais de baisers enfiévrés, tes mains pétrissaient mes fesses et, d’un grand coup de reins, tu es venu t’enfoncer au plus profond de moi, me faisant gémir de bonheur. Tes coups de boutoir déclenchaient en moi des vagues de plaisir qui venaient mourir sur mes lèvres en longs râles de jouissance. Ton orgasme fut à la hauteur du mien, nous laissant pantelants au bord de la cascade, unis et heureux dans la sérénité de ce cadre enchanteur.

Mon Olivier adoré, si tous mes souvenirs doivent disparaître, je voudrais n’en garder qu’un, celui de ce moment de communion intense dans une île magique.

Ma Caroline chérie, ça fait maintenant deux mois que je t’ai perdu à tout jamais. J’apprends à vivre avec, ou plutôt sans. Mon amour pour toi est toujours aussi fort, le manque toujours aussi cruel mais je dois aller de l’avant. Le soir je m’endors en pensant à toi et il me semble parfois que pendant la nuit, un ange glisse sa main sous le drap pour venir caresser furtivement mon intimité. Une bouffée de ton odeur douce et sucrée monte à mes narines et je me dis que, où que tu sois, tes pensées sont toujours pour moi. Tu me manqueras à tout jamais !

Mon tendre amour, j’ai oublié ton nom, j’ai perdu ton visage, mes pensées se diluent de plus en plus dans cet endroit qui m’est devenu familier. Reste de toi le souvenir de la cascade et il m’arrive de m’évader d’ici pour venir te rejoindre dans ton lit, te prodiguer en pensées de douces caresses pour t’aider à t’endormir. Je ne veux pas que tu souffres et je tiens à que tu saches que je serai à tes côtés pour l’éternité !

Petite précision, je me rends compte que le héro de l'histoire se prénomme Olivier et qu'un autre Olivier est également présent dans une histoire que j'ai écrite bien des mois plus tard. Il n'y a aucun lien entre les deux, c'est juste le fruit du hasard.



1 Commentaire


Recommended Comments

palmyre, on sent le désarrois des deux protagonistes... je ne peux qu'imaginer à quel point ces moments ont été difficiles, j'espère juste que bientôt tu pourras à nouveau dire que tu es pleinement heureuse et comblée

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