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FI Blog numéro 009, Ryu et les rencontres de la vie... (IV)

Ryushijou

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blog-0426080001367327380.jpgFI blog numéro 009,

Ryu... N'as-tu jamais rêver?

Oh mais bien sûr que si !

Et je rêve bien souvent, très souvent... Mais il en est un récurrent, très récurrent... Et même les divers spécialistes des songes et les tireurs de cartes/diseur de bonne aventure ne peuvent y répondre...

Tout commence à chaque fois pareil...

Un océan, un océan entier se dresse devant moi. Avant... Se dresse. Il est sous moi. Je suis dans une barque. Elle commence à prendre l'eau... Enfin prendre... Mes rames ont disparues depuis longtemps... J'ignore où ni comment, ni depuis quand. Mais cela fait longtemps, je le ressens.

Mes seules pagaies, se sont mes mains. Je dois les utiliser pour avancer... Car il n'y a rien qui me permette d'avancer. L'océan n'a pas de cours d'eau, il n'y a pas de vague, absolument rien. Et mes mains sont les seules moyen d'avancer. Je « rame » donc tant que possible. Mais cette mer n'a rien de normale...

Le bois de ma barque est rongé de toute part, certains endroits plus avancer que d'autres... Et quelques fuites commençaient à laisser infiltrer de l'eau... Je rame de plus en plus vite, mais rien n'y fait... Aucune terre n'est en vue...

Toujours mes mains pagaient... A chaque fois qu'elles entrent en contact avec l'eau, une telle douleur m’envahis... Mais pas seulement dans le rêve, dans a réalité aussi. Chaque coup de mains dans l'eau me fait avancer doucement dans l'eau. Mais à chaque fois... Un morceau de main s'arrache... Un lambeau de peau... un tissu de muscle... une section de veine... Dissout, immédiatement dans cette mer acide. Arraché à l'une de mes mains ensanglantées, et dissout immédiatement... Je crie, hurle, pleure de douleur à chaque nouveau coup de main dans l'eau. Mais rien ne fait, je veux avancer, je dois avancer, la barque menace à tout moment de sombrer, et de me mener corps, âme et pertes dans l'acidité...

De longs, très longs moments passent ! Je n'en peux plus, je pleure de douleur et de souffrance. A chaque instant. Je ne relâche pas la pression. Mes os sont à vif. Entièrement. Je n'ai plus que le sang qui coule dessus. J'ai un hoquet de douleur et les larmes qui ne s'arrêtent plus. Mais soudain, une bouffée d'espoir revient.

Entre deux larmes, deux hoquets, une vision venue d'ailleurs apparaît. Une étendue verte, un vert brillant, un vert énorme, brillant et luisant ! S'étendant à perte de vue ! Je changeais mon cap, redoublant d'effort et de coup de pagaies. Il faut que j'y arrive. Peu m'importe comment et par quels moyens. Mais il le faut. Je n'ai pas d'autres choix. Il me faut du repos, il me faut une terre ou dormir et trouver de quoi restaurer ma barque.

J'accoste enfin. Mais rien n'y fait, la barque sombre. Et moi, je pose pied sur terre. Enfin. L'herbe est verbe, grasse, entretenue, belle. Mais... Pourquoi sous mes pieds est-elle brune, morte, souillée et infesté de vers ? Pourquoi, chaque pas que je fais, laisse-t-il une trace semblable qui ne redonne pas une herbe verte ensuite ? Tout cela m'échappe. Je décide de marcher, explorant la nouvelle étendue qui s'ouvre devant moi. Et j'avance en ligne droite. Laissant, immanquablement, cette traînée brunes à chacun de mes pas...

En même temps, mes mains, tas d'os à l'air libre, continuent de saignées abondements... Et de plus en plus. Les forces me quittent peu à peu, avec chaque gouttes de sang qui tombent sur le sol, de part et d'autre de la trace brune de mon pas la précédent.

J'avance ainsi, saignant, tuant la végétation sous mes pas, pendant ce qui semble des heures... Mais jamais le temps ne change, ou le jour ne passe... Tout reste ainsi figée. Sans avancer.

Soudain, à mes pieds, une chose blanche, immaculée apparaît. Elle était là sur le chemin, mais je ne l'avais pas vue. Je la touchais, et malgré mes mains en os, je sentais les sensations contre ma main. Je ressentais la douceur, le soyeux, la chaleur même que dégageait cette chose... Et bon sang... Que cela ressemblais à une plume. L'intrigue, la curiosité fut la plus forte encore. Et je le penchai, et tenter de la soulever.

C'était LOURD ! Affreusement lourd... Totalement. Mon dos se crispait sous l'effort, mais je l'avais enfin en main. Soulevée de terre. Impossible de lui donner un poids, une densité. Comment une telle chose si douces et soyeuse pouvait-elle être si lourde ? Impossible à soulever ? Mais je l'avais, au prix d'effort incroyable, soulevée. Je la portai donc, et continuai d'avancer.

La fatigue s'accumulait. Entre le fait de la grande perte de sang, l'effort de soulever cette plume, et ces longs moment de marche... Rien n'y faisait... La fatigue était énorme.

Mais voilà... Une nouvelle plume était apparue... Et je la ramassais... Mais mon dos menaçait de céder. Et j'avançais encore. Et une troisième de ces plumes apparue. Je la ramassai aussi. Et continuai. Encore et toujours, inlassablement.

D'autres plumes apparaissaient çà et là sur la route. Mais le poids que je porte, la fatigue, rien ne me permet d'en prendre plus. Et j'avance, encore et encore...

J'arrive alors à une grande plaine... Une plaine mais qui est de la même couleur que les pas que j'ai laisser derrière moi... Un brun qui dépérit, qui ne vite plus... Toujours curieux, j'avance. Encore et toujours. Longuement. Et j'arrivais devant un spectacle totalement terrifiant. Qui me laissais figé sur place. Totalement pétrifié, entièrement. Cloué sur place.

Voilà que sous moi, à mes pieds... Se trouvait un squelette. Un squelette aux os blancs immaculés. Un blanc brillant, comme je n'en avais jamais vu... Et voilà que la ressemblance avec les plumes me saute au yeux. Je ne sais pas pourquoi, mais voilà que je m'abaisse, et que je dépose les plumes dessus. Mais les plumes n'ont plus rien de blanc... Elles sont rouge, rouges pâle, mélangeant leur blancheur et le rouge de mon sang coulant sur mes doigts d'os.

Je posai ces plumes... Et reparti d'où je venais. Je revint quelques instants plus tard. Trois nouvelles plumes dans les bras. Et je fis ainsi des dizaines d'aller et retour... Les plumes s'accumulaient... Mais le sang, la sueur, la fatigue aussi. Chaque pas me coûtait.

Je transporte la dernière plume, rien ne permet de me le dire, mais je le sens, c'est elle, c'est la dernière. Elle est petite, très très petite, mais elle est la plus lourde, vraiment la plus lourde de toutes... Elle me coûtait le plus d'énergie...

Je la posai sur le reste de plumes. Je les avais disposées en cercles tout autour du squelette... La dernière plumes se posa à terre... Et une lumière blanche, venu d'outre monde éclata. Rien n'était comparable à la blancheur de cette lumière.

Une monté de chaleur m'envahis. Une douce, simple, et merveilleuse chaleur. Je n'avais jamais rien connu de tel. Et la douleur, la fatigue, la sueur... Tout avait disparut. Les larmes ne coulaient plus.

Une ombre se détacha, et s'approcha de moi. Les bras tendus, une chaleur bienfaisante se dégageant d'elle. Les bras m'enserraient maintenant. Tendrement. Fortement. Je sens une douceur sans nul pareil... Ses bras me serrent de plus en plus... Il s'agit d'une femme. Je le sens. Mais elle disparaît, peu à peu... Plus elle disparaît, plus mes mains regagnent consistance... De la chaire, du sang, de la sensation... Et la voilà entièrement disparu.

Et avec elle, mes peines, mes douleurs, ma fatigue... Entièrement disparu et volatilisé...

Je me réveille en sursaut... Je ne sais pas pourquoi... Je suis las... Et je me sens bizarre.. Il faut je reprenne mes esprits... Un océan, un océan entier se dresse devant moi. Enfin... Se dresse. Il est sous moi. Je suis dans une barque. Elle commence à prendre l'eau...

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