Aller au contenu
  • entries
    574
  • comments
    526
  • views
    111325

Le rêve de Laura : le Concert de Vienne

Mariveau

250 vues

Vienne juin 1806

Voilà plus de six mois qu’avec l’Empereur, nous avons vaincu à Austerlitz les armées austro-russes.

L’hiver est passé et déjà nous nous préparons à reprendre le combat contre la Prusse. Je suis lasse de ces campagnes, je suis fatigué.

J’ai maintenant quarante cinq ans, je me sens si vieux. J’ai quitté ma famille voilà trente ans pour rejoindre les treize colonies, pour me battre au coté des Insurgés car cette envie de liberté m’a toujours tenu au corps.

J’aurai pu mener une vie tranquille dans une plantation en Virginie, mais la Révolution en France m’a redonné envie de goût de me battre pour la liberté. J’ai débarqué à Brest juste à temps pour rejoindre l’armée révolutionnaire à Valmy où au coté de Dumouriez nous avons repoussé les autrichien, les prussiens et les russes.

Depuis je n’ai cessé de me battre pour cette jeune République, j’ai suivi le général Bonaparte en Italie, et me voilà maintenant à la tête d’un régiment de Hussards .

Oui j’aime me battre autant sur un champ de bataille, que dans un lit, oui j’aime les femmes, mais plus que tout c’est la musique que j’aime.

Depuis que je suis stationné à Vienne, je partage mon temps à de longues chevauchées le long de la vallée de la Wachau, à manœuvrer avec mon régiment, à vivre des moments intense avec ma maitresse et à assister aux concerts du grand Maître Ludwig Von Beethoven.

wachau-1.jpg

Ce soir j’assisterai à un concert bien particulier.

Vienne juin 2023

Laura se souviens de ce concert de janvier à ST PETERSBOURG a reçu un triomphe, mais elle est triste. Elle avait vu ce vieil homme, elle avait compris à ce moment là que c’était lui qui dix ans auparavant lui avait offert ce violon qui était maintenant son amant.

Elle avait voulu le rejoindre mais elle avait été prise dans le tourment de ses admirateurs, et il avait disparu sans qu’elle puisse le remercier. Elle s’en voulait tellement.

Elle parcourait maintenant l’Europe, sollicitée dans toutes les capitales comme soliste.

Sa tournée était un triomphe, à chaque concert, elle s’était donnée à son Stradivarius avec cette passion sensuelle qui troublait toujours son compagnon pianiste. Elle lui avait dit oui, mon violon est mon amant et tu n’y pourras rien, il s’y était résigné.

Elle lui avait dit qu’elle aimait ses doigts courant sur son corps comme sur son clavier , elle lui dit qu’elle l’aimait, cela lui suffisait.

Lorsqu’elle était avec son violon le temps s’arrêtait et elle ressentait la musique comme au moment de sa création, elle n’y pouvait rien , elle était comme envoûté. Son compagnon l’avait comprit et il aimait Laura.

Ce soir elle allait jouer devant les héritiers de Habsbourg au palais de Schönbrunn. Elle allait jouer la romance pour violon n°1 en sol majeur et la n°2 en fa majeur de Ludwing Von Beethoven ;

Comme pour chaque représentation, elle eut son moment d’intimité d’avant concert avec son violon. A chacun de ses concerts elle avait ressenti ce plaisir du toucher de ce bois précieux, de ses cordes si sensible à son archer. Les notes, les accords prenaient alors possession de son corps, comme des lèvres des doigts caressant chaque parcelle de sa beauté, s’immisçant en elle, lui offrant de multiples orgasmes.

Mais elle n’avait plus ressenti ce qu’elle avait éprouvé lors de ce concert sur les bords de la Neva.

Elle était si belle, vêtue de sa nudité qui la rendait encore plus divine.

Elle prit à nouveau son amant dans ses bras et joua les premiers accords. Là elle ressentit à nouveau cette passion sublime comme à St Péterbourg . L’étreinte, le contact furent tendres, passionnés, fougueux, d’un érotisme puissant. Elle joua, son violon joua pour elle une partition des plus passionnées.

Les notes, les accords se succédant étaient autant de caresses subtiles, intenses, lui provoquant des sensations nouvelles, le plaisir était intense la submergeant comme jamais.

Sa peau ruisselait de sueur, son ventre brûlait de passion, elle sentait couler entre ses cuisse son nectar intimes comme jamais elle l’avait senti auparavant. Les pointes de ses seins étaient dardées, elle ressentait un plaisir à la limite de la douleur comme si des doigts les maltraités. Elle cria son orgasme se jetant épuisée sur son lit, tremblante, frissonnante, épuisée.

Quelque chose venait de se passer, pour la première fois elle eu un peu peur de cette relation entre son violon et elle-même.

Vienne, juin 1806

Cet après midi j’ai fait manœuvrer mes escadrons de hussards pour la dernière fois devant Monsieur le Maréchal Bessières . Demain je prends le commandement de l’Escadron de Chasseurs à Cheval assigné à la protection de l’Empereur . J’aime bien le Maréchal qui a gardé en lui un peu de l’Ancien Régime.

Ce soir j’accompagnerai ma maitresse à un concert que je sais qu’il sera particulier. Anna est une comtesse autrichienne, une femme magnifique dont le récent veuvage n’a point altéré sa beauté.

Nous irons ensuite au bal et nous ferons l’amour. J’aime cette femme depuis le premier jour où je l’ai croisé durant une de mes chevauchées vers St Polten.

Elle avait perdu son mari à Ulm, au début de notre campagne en Allemagne, ce n’était pas un mariage d’amour mais elle respectait son veuvage jusqu’à cet après midi où nos regards se sont croisés.

Puis nous nous sommes rencontrés lors de concerts, notre amour de la musique nous rapprocha et sans que l’on sache comment, nos corps nos âmes nos cœurs s’entremêlèrent avec passion.

Ce soir là nous nous étions donnés l’un à l’autre, prenant chacun possession du corps de l’autre. Nos lèvres, nos bouches, nos doigts s’aimèrent. Elle m’offrit son intimité à ma bouche et à mon sabre, je lui offris à l’avidité de sa bouche. Elle me chevaucha telle une indomptable amazone, elle se laissa posséder par ma passion. Mon écume se répandit en elle en un orgasme commun, passionné, violent.

Depuis nous nous retrouvions, chaque après midi après une cavalcade à cheval nous faisions l’amour comme deux jeunes amants, puis le soir je l’accompagnais dans les maisons de la noblesse de Vienne savourant notre plaisir de la musique et le soir nous nous donnions à l’un et l’autre jusqu’au petit matin.

Vienne juin 2023

Laura se prépara accordant son violon. L’assistance était là dans la salle. Elle entra sous les applaudissements et elle entama les premiers accords de la romance N°2 .

Ce fût pour elle une décharge électrique dans son éprit, dans son cœurs dans son corps.

Que se passait-il ?

Tout autour d’elle était étrange, envoûtant, elle n’avait encore jamais perçu cette sensation avec son stardivarius.

Elle entra comme dans une transe, comme un chevalier lors d’un tournoi entre dans la lice, comme un gladiateur entre dans l’arène.

La musique de Beethoven la transcendait.

Elle ouvrit les yeux un instant, elle se trouva perdu, elle ne trouvait plus ses repères.

La salle de concert était bien toujours là, mais ce qu’elle vit la troubla. L’assemblée n’était plus la même. Au premier rang elle pouvait devinait la silhouette râblais de Napoléon et celle élancé de François Ferdinand l’Empereur d’Autriche.

Rêvait elle, son violon avait pris possession de son corps de son âme , elle jouait sans cesser de regarder l’assistance, entre les deux empereurs, il y avait le Maître, oui elle jouait devant le grand Ludwing Von Beethoven, ce dernier l’observait.

Mais elle remarqua un homme avec cet uniforme vert et à ses coté une magnifique femme. Son sang se glaça quand elle croisa son regard. Elle était au bord de l’évanouissement, mais le stradivarius avait pris possession d’elle. Il lui faisait l’amour comme jamais.

Elle ne pouvait se détacher du regard de cet homme, ce vieil homme du concert de St Pétersbourg, l’homme qui jadis lui avait offert ce violon. Il la regardait fixement en lui souriant. Elle chercha des yeux son compagnon, ses collègues de l’orchestre sans les voir. Elle ferma les yeux plusieurs fois pour retrouver la réalité, mais le violon était le maître, il la soumit à un plaisir intense, à d’extrêmes sensations érotiques inconnues jusqu’alors d’elle.

Elle jouissait de son amour de la musique, elle jouissait sous les assauts de son amant, son bas ventre brulait, les pointes de ses seins se dardaient au frottement de sa robe empire de soie blanche. Elle sentait à nouveau l’humidité de son intimité couler le long de ses cuisses. Elle était si troublée, elle ne savait plus où elle était , et cet homme qui toujours la fixer.

Vienne Juin 1806

Ce soir Anna est sublime dans cette robe de soie noire, elle est si désirable.

Avant de rejoindre la salle de concert nous avons encore fait l’amour, un amour passionné, une étreinte fougueuse, une jouissance sans limite. Oui je l’aime.

Le grand Ludwig est là entre les deux empereurs , le concert débute.

Anna me demande : c’est elle ? oui.

« Laura ce soir sera la première femme à « jouer devant le Maître »

« Tu as raison, elle est belle, tu as bien fait de lui offrir ce violon lors de ce voyage initiatique, je suis jalouse, car je sais que tu as mis beaucoup de toi dans cet instrument, je ressens dans ses gestes toute ton âme érotique, mais quel merveilleux couple que ce violon et Laura et

c est une magnifique femme, j’ai toujours su que tu avais bon goût pour ton choix de femme, et je te retrouve dans ce violon »

A la suite de ces mots Anna m’embrassa avec passion, l’après concert sera encore une symphonie des sens, un concerto érotique.

« Chutt, elle ne doit en savoir le minimum, son cœur son âme son corps se doivent à son amoureux et à ce violon pas à celui qui lui a offert »

Anna répondit :

« Elle a la musique en elle, regarde comme ils font l’amour ensemble »

Le concert pris fin, les deux empereurs et le Maitre se levèrent, elle reçut une ovation encore plus forte qu’à St pétersbourg

L’homme la regardait, la salua et prenant à son bras Anna, il quitta la salle.

Laura encore une fois l’avait laissé échapper.

Vienne juin 2023

Laura rouvrit les yeux, son compagnon était apeuré, jamais elle n’avait joué avec une telle passion , l’assistance était subjuguée.

Le vieil homme était là, elle s’approcha de lui, leurs regards se croisèrent, elle parvint à lui parler .

« Monsieur qui êtes vous ? »

Il posa son doigt sur les lèvres fines de Laura.

« Laura vivez votre musique avec votre violon, je suis en retard Anna m’attend. »

Elle vit le vieil homme disparaitre dans un brouillard, il portait cet uniforme vert et à son bras une femme à la robe noire l’accompagnait……..

Laura comprit qu’elle ne verrait plus cet homme, elle pleura, dans la nuit elle se donna sans retenu à son compagnon, son stradivarius dormant paisiblement dans son étui

  • Like 2


2 Commentaires


Recommended Comments

×

Important Information

By using this site, you agree to our Terms of Use.