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Perdu dans l'Espace

Mariveau

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Composition sur le thème imposé n°5 : Amnésie

Allongé sur ce lit, j’entends le ronronnement des réacteurs subluminiques caractéristiques des nefs de combat. Je suis dans l’infirmerie du bord. Je sens en moi s’échapper la vie, qui suis-je ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Sur la paroi de la chambre, je reconnais un uniforme, celui de la Garde Spatiale, mais hélas je ne sais pas qui je suis.

J’entends les médecins qui chuchotent : « Comment cet homme a-t-il pu survivre autant de temps en dérivant dans l’espace, là où tout homme se serait laissé mourir, et maintenant qu’il est sauvé sa vie semble s’enfuir de son corps.

Des grands pontes sont venus de New Pearl et New Washington me voir, me féliciter me remettre de belles médailles.

Mais qui suis-je réellement

Ma mémoire m’a quitté, mais pas son souvenir, elle est une image en moi. Elle est magnifique avec ses longs cheveux blonds ébouriffés, son regard vert sombre presque marron. Je me souviens de chaque parcelle de son corps, de ses courbes enchanteresses véritables invitations au voyage.

Je sens la douceur de sa peau, je sens encore sous mes paumes ses seins lourds aux aréoles larges aux pointes dardées. Je sens le grain de sa peau, je revois son teint légèrement bronzé

Qui est elle, je ne peux le dire, ai-je dû rêver dans ma solitaire dérive, elle est pourtant si présente en moi. Je ne sais si elle existe, mais pour moi il est temps de disparaitre.

Nemesis me dit on, était le nom de mon vaisseau, quelle ironie du sort de commander un vaisseau de ce nom et perdre la mémoire. Je ne reconnais même pas les images holographiques de mon navire.

Chaque jour des femmes, des hommes viennent me voir pour me remercier de leur avoir sauvé la vie.

Des femmes, des sœurs, des maitresses viennent me remercier d’avoir ramené à bon port tel un père, un mari un frère un amant, mais pourquoi tant d’attention.

Le froid m’envahit, mon sang se glace, la chaleur quitte mes veines autant que ma mémoire m’a quitté

Encore se parfum qui m’obsède, essence de son corps, la flagrance de sa beauté. Je me souviens du goût de ses lèvres si sucrées, le goût de sa peau, ses arômes intimes, la douceur de son nectar.

Je me souviens de nos enlacements, de nos étreintes sensuelles, fougueuses et puissantes.

Nous étions en totale osmose érotique. Je sens sa bouche s’emparer de mon corps, glisser vers mon pubis. Je sens la douceur de ses lèvres, de sa langue jouant de mon plaisir.

J’entends son souffle, son désir, ses gémissements lorsqu’à mon tour je joue de ma bouche.

Qui es tu, un fantasme, un rêve ou les restes de ma mémoire qui m’a fuit comme tu m’as fui

Se sentir si démuni face au néant de mes souvenirs me trouble, oui j’ai peur. Je vais mourir sans savoir qui je suis, sans savoir qui elle était.

Je ne suis plus qu’une ombre. Oubliez-moi, laissez-moi rejoindre ce que je n’ai pu sauver et dont les corps meurtris comme mon âme et mon cœur errent dans l’immensité du vide sidéral.

J’ai perdu ma mémoire, j’ai perdu celle que j’aimais, j’ai perdu mon vaisseau, j’ai perdu mon estime, j’ai perdu l’estime de mes amis. Et on me dit que je suis un héros, je ne suis qu’un homme perdu, j’ai perdu la mémoire, mais c est elle que j’ai perdu, mais qui est elle .

Immense a été notre jouissance, lorsqu’ enlacés nous ne faisions qu’un. Oui nous étions au-delà des étoiles quand nous échangions nos fluides érotiques.

Je sens ton emprise sur ma virilité, tes mains lacérer mon torse, lorsque mon bassin plaqué contre le tien, je m’immisçais en toi. Tes jambes aux galbes parfaits enserrant mon bassin. Nous dansions une sarabande amoureuse, emprunt de désir au-delà de l’envie, vers un amour infini.

Nous étions là roulants enlacés dans les draps de soie finement tissés dans les colonies du Bras de Véga.

L’orage du plaisir montait en nous, tu gémissais, nos bouches se soudaient, nos salives se mêlaient, nos langues s’aimaient.

Oui je me souviens de cette dernière nuit quand en un orgasme commun je me suis répandu en toi, t’offrant ma semence écumeuse dans ta matrice sublime.

Mais étais-ce un rêve, oui car je ne sais plus qui je suis et plus qui tu es. Tu es sûrement le produit de ma déraison.

En ce nouveau jour, j’ai décidé qu’il serait le dernier. Je ne peux vivre sans savoir qui je suis, je ne peux me résoudre à vivre sans savoir qui elle est.

Je me résous donc à la rejoindre dans les rêves infinis de la Mort, sans savoir.

Le klaxon d’alarme retentit, on rappelle au poste de combat.

Ma mémoire du moins ce qui en reste me fait réagir, j’endosse à nouveau mon uniforme et je me dirige sur la passerelle de combat. Les officiers me saluent le commandant aussi, je ne sais qui je suis mes les réflexes sont là.

Devant nous un vaisseau immense inconnu nous coupe la route.

L’écran s’allume.

Je reste figé.

Sur l’écran apparait son visage, sa voix, c’est elle

« Je viens te chercher mon amour, enfin je te retrouve, la prêtresse de l’Amas du Sagittaire m’a conduite vers toi

Devant l’équipage effaré, je me dématérialise

La nef de l’Empire de Cassiopée s’éloigne, nous sommes seuls sur la passerelle, nous nous embrassons.

Elle est l’héritière de l’Empire, elle est Andromaque , mais je ne saurai jamais qui j’ai été, je suis maintenant celui qui je suis, celui qui l’aime.

« Andromaque allons faire l’amour »

« Oui allons il y a si longtemps que j’attends cet instant »,

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1 Commentaire


Recommended Comments

Science-fiction et mythologie mêlées .....

Il n'y a que toi Mariveau pour concevoir un texte pareil !!!!

Bravo Vincent ! :blush:

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