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Réveillon en famille 3-2

Miel Manara

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Chapitre 3 - Philippe (suite)

Le retour à l'appart était tendu. Chacun dans nos pensées, on ne se parlait pas. Je lui en voulais d'avoir joué avec moi, ainsi, car il s'agit bien d'un jeu. Je vois bien que je ne l'intéresse pas. Depuis que nous sommes hors de vue de mes parents, elle est à nouveau la colloc sympathique mais distante que j'ai toujours eue. Il faut que je me fasse une raison, elle donnait le change, c'est tout. C'est moi qui me suis mis des idées en tête.

J'ouvre la porte de l'appart et on se dirige chacun vers nos chambres, sans un mot. "Bonne nuit" "Bonne nuit" sera notre seul échange.

Je suis pas bien, contrarié. Le vin et le dîner ne passent pas, du coup. Je suis allongé sur mon lit, je fixe le plafond et je me sens mal. J'ai furieusement envie d'appeler Xavier et c'est impossible. Je lui envoies un texto, même s'il ne le lira pas avant demain, il n'a pas de réseau dans le chalet du réveillon, ce soir. J'espère qu'il passe un bon moment en famille, lui.

Il est tard, le sommeil finit par me cueillir sur mon lit, tout habillé, le téléphone sur mon ventre posé. Je dors mal, je suis agité. Je me réveille à l'aube, nauséeux, migraineux. Je retire mes vêtements pour rester en boxer et t-shirt et je me hasarde dans les parties communes vers la cuisine.

Une bière légère, c'est parfait, c'est ce qu'il me faut. L'amertume du breuvage s'harmonisera très bien avec celle de mon esprit. Une clope, je vais me mettre à la fenêtre, le froid me remettra les idées en place.

Sophie se lève à son tour et se dirige dans la pénombre vers la cuisine. Elle ne m'a pas vue. Je la regarde, son corps ondulant dans sa nuisette fluide. Ses gestes sont simples mais pleins de grâce. Elle fouille à son tour le frigo du regard, hésite, fait la moue.

"tu veux que je te fasse une tisane ?"

Elle sursaute, effrayée et je souris, amusé de ma blague idiote.

"T'es fou !! tu m'as fichu une trouille pas croyable !! Han ! Mais ne refais jamais ça hein !!"

Elle me fusille de son regard noir et j'aime ça. Je la prend contre moi pour la consoler de sa frayeur. Une main caresse son dos, je plonge l'autre dans ses cheveux et la colle contre moi, j'embrasse le dessus de son crâne.

Elle se redresse et me regarde "à quoi joues-tu, Philippe ?"

Je rougis d'un coup. Je balbutie, je suis comme un gosse pris la main dans le sac et je ne sais même pas quoi lui dire.

Elle tourne les talons et rentre dans sa chambre. Je me traite de con.

Je vais prendre ma douche pour me calmer, et je sortirai faire quelques courses. On doit partir à 10 heures pour chez ses parents, vue l'heure matutinale* de mon lever, j'ai bien le temps de me calmer.

Lorsque je ressors pomponné, près à sortir, elle est langoureusement assise dans le canapé, téléphone à l'oreille "...si tu es libre. Rappelle-moi dès que tu rentres. Je t'embrasse." Elle raccroche et je commence à gamberger. Qui appellait-elle ? Il vaut mieux que je sorte... "je vais faire un tour, la salle-de-bains est libre si tu veux." "merci, on part à 10 heures, tu sais ?" "oui, je serai là à temps pour me changer, à tout à l'heure"

[*oui, je sais, c'est du langage littéraire, mais j'adore ce mot, sa sonorité !]

Se promener en ville un lendemain de réveillon, tôt, je trouve cela très agréable. Je croise surtout des hommes, la plupart déjà en tenue "du dimanche", faisant au pas de courses d'ultimes emplettes. Qui un cadeau ici, qui le pain de mie oublié, la plupart un bouquet... pour leur mère ou leur belle-mère ? Je ferais bien d'en faire autant.

Je prends mon temps chez le fleuriste. Ils proposent bon nombre d'assortiments tous prêts, mais j'ai toujours préféré composer mes bouquets moi-même. Un pour la mère de Sophie, un pour chacune de ses soeurs et belles-soeurs, un pour sa grand-mère... et un pour Sophie. Ce n'est pas du tout la saison, mais ces quelques fresias me font de l'oeil. Ils embaumeront l'appart ou sa chambre et je sais qu'elle appréciera cela.

Je rentre les bras chargés, obligé de sonner je ne peux pas atteindre mes clefs.

Sophie m'ouvre et rigole "tu as dévalisé le fleuriste ?" "oui, un peu ! Tiens, celui-ci est pour toi. Je te présente les autres et tu me dis si ça ira."

Elle approuve mes choix "tu as toujours su faire des bouquets personnalisés, même pour toutes ces femmes que tu ne connais pas. Tu vas t'habiller comment ? Tu étais très séduisant dans ton costume, hier."

"vraiment ?"

"oui, j'étais fière de me pendre à ton bras."

"et m'embrasser dans le cou"

"tu n'as pas aimé ?"

"si. Sans doute un peu trop, même" "

Oh ! Philippe ! Je suis désolée... je ne pensais pas que ça te perturbrait comme ça ! Tu rougis ! Mais... tu n'es pas fâché avec Xavier au moins ?"

"non, pourquoi me dis-tu ça ?"

"eh bien, je ne sais pas. Je pensais qu'étant avec lui, tu..."

"tu quoi ?"

"ben tu ne pensais qu'à lui ! Que je ne risquais pas de te faire de fausses idées !"

"ben si, tu vois. Je suis un homme, ça n'a pas changé. Et quand une jolie fille me câline, m'embrasse dans le cou, se colle à moi, je n'ai qu'une envie, c'est d'aller m'isoler avec elle un moment !"

Silence

"c'est à ton tour de rougir, Sophie !"

"il va falloir que je me tienne très sage chez mes parents, alors."

"ou pas. C'est toi qui vois."

"Tu me perturbes, Philippe. Tu étais innaccessible jusqu'à maintenant, et je ne pensais pas que ça changerait. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir t'intéresser, déjà. D'autre part, je vis ici, je te rappelle, Xavier aussi. Il n'est pas idiot, il se rendrait compte si nos rapports changeaient et je détesterais lui faire de la peine. Et enfin..."

Elle se tait un instant

"Je t'écoute"

"C'est ton frère, Antoine."

"Il te plait"

Elle lève son visage vers moi et je lis dans ses yeux qui brillent une telle joie que son "oui" est superflu.

"Sophie, tu as été, tu es et tu resteras ma colloc préférée... j'aimerais que tu sois aussi ma meilleure amie. Et pour tout ce que tu m'as dit, tu as raison... je vais garder mon excitation pour moi et attendre le retour de Xavier, c'est plus sage. C'est Antoine que tu appellais tout à l'heure ?"

"oui. Je voudrais profiter de son cadeau avec lui."

"Très bonne idée !! Il travaillait aujourd'hui, il ne manquera pas de t'appeler ce soir, je suis sûr."

Je pars dans ma chambre me changer et nous filons vers la voiture et le repas de ses parents.

Sa famille nous accueille avec une grande gentillesse et un camion de questions. J'ai réussi à la faire rougir une fois ou deux en répondant, c'était très amusant. L'après-midi est délicieuse mais je sens, en cette fin de journée, son impatience de rentrer... Je la taquine dans la voiture, on dirait une adolescente, c'est touchant !

Finalement, depuis que je sais qu'Antoine ne l'a pas laissée indifférente, je ne ressens plus d'attirance pour elle. Beaucoup de tendresse, d'amitié, oui, mais c'est comme si elle était devenue ma petite soeur, tout à coup. Tiens, en parlant de frangine, il faudrait que j'appelle la mienne, en retrant. J'aimerais avoir le temps de la voir vraiment avant son départ.

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9 Commentaires


Recommended Comments

j'écris au fur et à mesure... alors euh... pas sûre de tenir le rythme ! lol!

merci d'apprécier en tous cas ;)

pour vous mettre l'eau à la bouche (ben oui, je suis sadique), le Chapitre 4 s'appelle Yacine...

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Prend ton temps, soigne la suite

j'aime bien ces points de vue multiples et croisés

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j'écris au fur et à mesure... alors euh... pas sûre de tenir le rythme ! lol!

merci d'apprécier en tous cas ;)

pour vous mettre l'eau à la bouche (ben oui, je suis sadique), le Chapitre 4 s'appelle Yacine...

 

Et où est le chapitre 4 ?...

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