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Depuis : Une bouffée d'air frais

Cora

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Dans ce train pour te retrouver, je ne peux m’empêcher de repenser à ma dernière visite et aux moments passés à tes côtés. Nos rires, nos discussions et tes lèvres m’ont tant manqué ces dernières semaines. Chacun pris par ses obligations et la distance n’aidant pas à nous retrouver, nous avons enfin réussi à prendre quelques jours pour que nos esprits joueurs se rencontrent.

Comme à chaque fois, je sais que ta joie de vivre va faire ressortir mes plus beaux sourires et tu n’es pas encore près de moi que mes lèvres prennent déjà la pose. Le reflet dans la vitre du train ne ment pas sur l’enthousiasme qui m’envahit au fur et à mesure que j’approche de mon arrêt.

Je profite du temps qu’il me reste pour vérifier que tout est prêt car je veux de te surprendre cette fois-ci. Les réservations de l’hôtel sont faites, celles des autres activités des prochains jours aussi. Non je ne t’ai pas prévenu de tout cela, car j’aime ton air étonné et ta façon de me remercier quand je sais te faire plaisir.

« Vous êtes arrivés à la gare de … »

Il ne faut pas me le dire deux fois, et à peine le train arrêté, je suis déjà sur le quai. Plus les minutes défilent et plus mon impatience monte. Cette fameuse impatience qui a déjà joué de moi et de toi, tant de fois. Ton train devait normalement arriver quelques minutes après le mien, je décide de t’attendre au même endroit que la dernière fois. Comme pour me faire languir, tu as du retard. Attendre, ce n’est pas mon fort et tu le sais. Mon téléphone vibre, un message de toi : J’arrive dans quelques minutes, ou pas !

Tu as le don de m’agacer, mais je sais que tu vas bientôt le payer…

Installée au chaud dans une des salles d’attente de la gare, je prends mon mal en patience et regarde s’écouler les minutes sur l’immense horloge lumineuse qui orne le mur. Je ne sais pas si c’est parce que je lutte contre ma nature empressée ou si la gare surchauffe la pièce, mais je finis par ôter manteau et écharpe.

En m’asseyant à nouveau, le voyageur en face de moi me regarde avec insistance, à tel point que je ne sais plus où me mettre. J’ajuste ma jupe sur mes genoux et plonge le nez dans un bouquin pour éviter de croiser à nouveau ce regard lourd de sens. J’ai voulu te plaire et choisir une tenue qui te donnerait envie de moi : une jupe noire classique et le chemisier vert que tu aimes tant.

Je ne sais même pas quelle heure il peut être maintenant, incapable de lever les yeux de peur de croiser le regard de ce voyageur dérangeant. En effet, celui-ci s’est rapproché depuis quelques minutes, prenant la place juste en face de la mienne. Alors que je maudis cette compagnie ferroviaire pour la énième fois, deux mains me saisissent fermement les épaules et une bouche vient s’abattre dans mon cou. Ce parfum…

« J’ai failli attendre ! »

« Dieu sait que ce n’est pas ton fort… »

Tu t’installes près de moi, fusillant du regard l’homme déçu face à nous, et pose tes affaires sur les miennes. Alors que tu glisses tes bras autour de moi, je ressens ta chaleur prendre possession de ma peau et j’en frissonne.

« Ça ne va pas ? Tu as froid ? »

« Au contraire tout va bien, embrasse-moi… »

Tes lèvres sur les miennes et je fonds. J’ai attendu ce moment si longtemps que j’en oublie presque tous les tourments que j’ai mis en place pour toi. Tes mains se font joueuses et alors que tu me serres contre toi d’une main dans le dos, l’autre vient caresser mon visage et dessiner des volutes sur ma peau. Tu parcours ainsi mon cou, ma nuque, mon épaule et rejoins ma main pour passer tes doigts entre les miens.

Je me laisse totalement aller à tes attentions occultant une fois de plus ce qui se passe autour de nous. Ta bouche quitte la mienne et revient se coller à mon cou, nous arrachant tous les deux un soupir quand tes crocs se plantent dans ma peau. Moi car tu m’as surprise et toi parce que j’ai resserré les doigts autour des tiens un peu fort.

« Allons-y, je ne compte pas passer la journée ici ! »

Tu souris, nous nous habillons et partons sous les regards amusés des autres voyageurs.

Il fait un temps magnifique pour un mois de février, une vingtaine de degrés inespérée mais qui ne sera pas de trop pour ce que je te réserve. Nous prenons le tram pour notre hôtel, plus d’une demi-heure que j’emploie à bon escient pour faire naître certaines envies dans ton esprit. Collée à toi, je ne peux m’empêcher de retrouver ce petit carré de peau dans ton cou, celui-là même qui te transforme en frisson géant dès que j’y joue un peu trop. Et je ne m’en prive pas !

Alors que tu te rapproches de moi, te tenant aux barres du tram pour garder l’équilibre, je glisse mes mains sous ta veste et caresse ta peau au travers de ce fin morceau de tissu qui nous sépare encore. Mes lèvres dévorent ton cou, rejoignent ta bouche et ma langue vient caresser la tienne tendrement. Tu fermes les yeux, retenant difficilement tes soupirs remplis d’excitation quand mes crocs s’abattent à nouveau dans ton cou.

Une main indiscrète vient rejoindre ton ventre et vérifier si mes efforts ne sont pas vains. C’est avec une fierté non dissimulée que je relève les yeux, ton émoi est plus que visible, beaucoup plus que je ne l’espérais. Je t’embrasse à nouveau, remontant cette main de ton ventre à ton cou, sans oublier de frôler ton téton au passage. Pour seule réaction, tu viens me plaquer contre la vitre pour me rendre mon baiser, collant fortement ton envie contre moi.

Nous arrivons à notre arrêt et tu me tires par la manche d’un air pressé, cachant comme tu peux les effets de mes attentions. Mais j’ai décidé de prendre mon temps et, comme prévu, je commence à refermer mon piège sur toi.

« Vu le temps, tu ne penses pas qu’on pourrait manger dans le parc de la dernière fois ? »

Tu me fusilles du regard et je sens que tu es à deux doigts de me laisser là avec mes sacs. Mais devant mon air angélique, tu ne fais qu’acquiescer et me suis dans le premier magasin venu.

« Et de toute façon, nous n’aurons la chambre qu’à partir de 14h ! »

Pendant que je fais mes achats, je te surprends perdu dans tes pensées. Te souviens-tu des heures passées dans ce parc à nous embrasser ? L’envie de faire l’amour là, dans le coin de ce parc, te revient-elle en tête ? Si c’est le cas, j’ai déjà gagné…

Mes courses terminées, je te rejoins un sourire radieux venant prendre place sur mes lèvres alors que je t’invite à me suivre.

Il est un peu plus de midi quand nous arrivons à destination. Un immense parc, découpé en petits jardins, possédant en son centre un magnifique bâtiment servant le plus souvent aux mariages et autres célébrations. Nous tournons un peu pour choisir la meilleure place et mon choix se fait vite sur une partie d’herbe à l’écart. A cet endroit, nous pourrons profiter de la vue et du soleil, tout en étant cachés par les arbres et arbustes autour de nous.

J’étends le plaid acheté pour l’occasion et nous nous installons tranquillement pour déjeuner. Ton regard s’est adouci et nous discutons de nos occupations des dernières semaines. Il fait vite chaud dans ce carré d’herbe et nous finissons tout deux allongés tête-bêche avec nos manteaux pour coussin. Tu caresses mon mollet d’une main et ne me voyant pas protester, poursuis ta découverte vers mon genou.

« Tu es toute jolie dans cette tenue, d’ailleurs ce décolleté va finir par me rendre fou… »

« C’est peut-être ce que je cherche, tu ne crois pas ? »

A ce moment précis, seuls nos éclats de rire auraient pu trahir notre présence.

J’attends avec impatience que tu te rendes compte de l’intégralité de ma tenue, ou plutôt de l’absence de certaines parties de celle-ci. Tu me caresses du bout des doigts remontant le plus lentement possible jusqu’à la lisière que ma jupe. Aurais-tu compris ce que je te réserve ? Ta main passe soudain sous ma jupe et tu souris, comprenant que je porte des bas à la place de mes collants habituels.

Je vois à ton regard que ton envie pointe à nouveau le bout de son nez. Tu t’approches de moi pour m’embrasser, glissant ta main sous le tissu pour rejoindre mes fesses et tu te figes à quelques centimètres de ma bouche. Non tu n’as rien vu venir et tu t’aperçois maintenant que je suis nue sous cette jupe depuis des heures !

« Tu es diabolique ! Je ne pourrai jamais tenir jusqu’à l’hôtel… »

Ton regard noir se fixe à nouveau sur moi et si tu avais pu me mitrailler, je serais morte sur place. Le piège s’est refermé sans que tu ne le voies venir. Avec toute l’assurance du monde, je te repousse sur le dos et viens m’installer à cheval sur toi.

« Qui a dit que nous allions attendre plus longtemps ? »

Ton air surpris ne me sert qu’à te sauter dessus avec encore plus d’ardeur. Tu tentes de te redresser mais je te repousse fermement de mes mains sur tes épaules.

« Je ne te laisse pas le choix, j’en ai envie depuis des mois et je sais que toi aussi… »

Je t’interroge du regard sur la suite à donner et tu ne me contredis pas, m’indiquant au contraire de continuer en remontant ma jupe sur mes fesses.

Alors que je me penche vers toi pour rejoindre ta bouche, tu viens plaquer la paume de ta main contre mon sexe ouvert. Nous nous caressons, nous embrassons à pleine bouche. Je déboutonne un peu ta chemise pour venir embrasser ton torse et jouer de ma langue sur ta peau. Tu me surprends insinuant un doigt en moi avec fermeté, pour réponse à mes crocs sur ton téton, et je ne peux pas dissimuler mon cri de surprise.

J’ai tellement envie de toi que j’en frissonne et tu en profites pour te venger en plongeant un autre doigt en moi. Me redressant, j’en profite pour vérifier que nous sommes toujours seuls et me libère à regrets de ta main pour venir déboutonner ton jean. Ton sexe se dresse maintenant fièrement devant moi et je t’observe à la fois excité et hésitant face à la situation. Mes lèvres autour de ton sexe finissent d’abattre les dernières barrières et tu te laisses totalement aller à mes caresses.

La tête en arrière, les yeux dans le vague, tu profites de chaque mouvement de ma langue sur toi et, te sentant venir trop vite à ton goût, tu me tires vers toi pour changer de position. Je reviens alors à cheval sur toi et frotte nos intimités l’une contre l’autre avec une infinie douceur. Nos lèvres se rejoignent et d’un coup de bassin tu glisses en moi avec une facilité telle, que tu comprends que tu n’es surement pas le plus excité des deux.

Mon bassin danse contre le tien, de plus en plus profondément, de plus en plus vite. Nos corps ne font plus qu’un, tout comme le plaisir qui nous anime. Tu subis mes assauts, te débattant à peine, pleinement conscient de la situation et qu’à tout moment nous pouvons être surpris là à moitié dévêtus sur ce plaid. Ta raison finit par s’exprimer à ta place.

« Rends-moi le diable que j’ai posé sur ton épaule la dernière fois… »

« Pas tout de suite mon ange ! »

Tu soupires et te crispes, je te sens au bord de l’orgasme quand tu te saisis de mes seins et en pinces fermement les tétons. Cette décharge qui me traverse de la poitrine au bas-ventre a raison de moi. Je m’agrippe à toi contrôlant difficilement mes gémissements, grandissant au même rythme que l’intensité des spasmes qui m’envahissent. Mon sexe se resserre autour du tien et tu ne tardes pas à me rejoindre, mon regard planté dans le tien, tes griffes plantées dans ma peau. Nos bouches se rejoignent pour essayer de cacher tant bien que mal nos gémissements et nous jouissons serrés l’un à l’autre, nos esprits fusionnant à nouveau.

Le sourire aux lèvres, je te murmure à l’oreille :

« De toi à moi… Tu m’as manqué… »

Me serrant contre toi, tu m’embrasses avec l’extrême tendresse dont tu sais faire preuve pour me faire craquer et plantant à nouveau ton regard dans le mien :

« Toi… Si tu savais à quel point je te hais… Tu vas me le payer… »

Cette réplique ! Ma réplique ! Celle qui veut tout dire sauf sa définition première, et dans ta bouche tellement plus de signification que tout autre mot. Jamais je n’avais autant aimé qu’on me haïsse à ce point ! Et pour seule réponse, mon sourire coquin que tu apprécies tant.

Nous entendons un peu trop de monde qui commence à s’affairer autour de nous. L’heure est bien avancée et un mariage se profile dans le patio à proximité. Nous décidons de rejoindre notre hôtel, tout deux le sourire aux lèvres.

Et le séjour ne fait que commencer, si tu savais… !

Source :

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5 Commentaires


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Guest jeanmimel

Posté(e)

Un texte sublime, une montée en puissance.

Génial.

Je te hais....

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Tu dors pas toi, mais cela vaut le coup, je suis heureux que tu aies repris la plume, et avec ce talent qui est le tien.

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Merveilleux et Ô Combien révélateur de la relativité du temps , de l'espace , de l'intensité des sentiments, de la profendeur des gestes.....

Si tous les hommes étaient conscients de ceci...

Sublime..

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