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Jade

Mariveau

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Juin 1551 Lyon

Avec l'assassinat du duc de Parme, le Pape souhaite récupérer le duché. Le fils du Duc aussi gendre de Charles Quint prend possession du duché malgré l'opposition du pape et de son successeur attisant de nombreuses convoitises. Il se rapproche du Roi de France.

Peu avant l'ouverture des travaux du concile, le pape Jules III s'engage, allié à l'empereur Charles-Quint, dans une guerre contre Parme, elle-même soutenue par la France. La maison Farnèse sort ainsi de l'orbite impériale et pontificale pour entrer dans celle française.

Le gouverneur du Milanais, don Ferrante de Gonzague se prépare au siège de Parme. Orazio Farnese, aidé des troupes françaises est battu, aussi Henri II ordonne t-il au Maréchal de Brissac d’envahir le Piémont.

Le roi a décidé d’accompagner les troupes du Maréchal jusqu’à Lyon, il connait bien la ville qui jadis lui a rendu l’hommage. Ces prédécesseurs durant plus de cinquante ans au cours des nombreuses guerres d’Italie, on exercé leur pouvoir royal en s’installant dans l’ancienne capitale des Gaules.

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Portée par un enrichissement soutenu, la ville s’est développée et se reconstruit constamment. Sa morphologie générale ne bouge pas beaucoup ; elle ne s'étale pas, elle se densifie.

Les architectures sont d'inspirations gothiques, pour évoluer ensuite dans un mélange confus où toutes sortes de styles s'entremêlent. C'est de cette densification intense que naissent les traboules, chemins privés devenant par la force des choses voies semi-publiques, mais au statut toujours ambigu, qu'empruntent les piétons forcés par l'étroitesse des voies et leur engorgement de trouver des passages différents.

C’est une ville grouillante, ouvrière et bourgeoise qui s’étale entre Saône et Rhône, de la rue Mercière au plateau de Fourvière.

Les maisons sont étroites, entre cinq et six mètres, et profondes, jusqu'à une vingtaine de mètres ; et dotées de deux étages. Elles sont reliées à un second bâtiment à l'arrière, réuni au premier par des galeries à chaque étage, eux-mêmes accessibles par un escalier à vis . À côté de ces demeures du commun, de nombreuses maisons somptueuses sont bâties.

En ce matin ensoleillé et déjà chaud de ce mois de Juin Jade se réveille. C’est une femme libre, belle et libre. Elle a eu deux magnifiques enfants, mais ses maternités n’ont pas altérées sa beauté, plus encore elles l’ont magnifiées.

Elle est là dans les draps de soie de son lit, nu offrant son corps sublime aux caresses des rayons du soleil traversant les vitraux de la fenêtre de sa chambre. Elle se tend, se tord, une nuit bien agréable avec cet amant d’un soir. Elle l’a congédié dans la nuit une fois que ce dernier lui ait donné ce plaisir qu’elle aime tant et qu’elle recherche avec intensité au grand dam de la société Lyonnaise et de sa famille.

Elle n’en a cure.

Elle se lève, et sa silhouette se détache à travers la lumière diffuse des vitraux, elle marche féline, ses hanches aux courbes accueillantes, ses jambes aux galbes délicieux, ses chevilles et petit pieds délicat, ses seins fiers et altiers, dont les aréoles roses contraste avec la porcelaine de sa peau et le carmin des ses pointes encore dardées par le plaisir, pas celui de cet homme, mais de ses propres caresses matinales, font de Jade la Vénus incarnée.

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Elle enfile une robe de chambre de soie, lorsque une servante lui amène sont déjeuner constitué de fruits, de fromages et de charcuterie venant de l’autre coté des Alpes ou de la campagne proche.

La servante dépose sa toilette du jour, mais elle est têtue, aujourd’hui, elle restera avec sa nudité jusqu’à ce soir où elle se fera belle pour le bal donné par les Conseiller de la ville pour le Roi. Elle trouvera à séduire un homme pour sa nouvelle nuit.

Jade habite la maison de la Rose, rue Mercière, elle est la petite nièce du conseiller Ennemond de Syvrieu . Elle possède des ateliers de soierie, cette technique de tissage jadis venu de Chine avec Marco Polo et dont François 1° a développé l’industrie avec des artisans ramenés à sa suite des Guerres d’Italie.

Jade, c’était le prénom que lui avait donné son père, tisserand vénitien, il était allé en Chine pour parfaire son art, il avait été envoûté par cette pierre mystérieuse aux différents tons de vert. Lorsque sa fille était née, le vert de ses yeux avait été pour lui un signe du destin et il l’avait appelé Jade.

Les yeux de Jade traduisaient en un instant toutes ses envies, ses colères, ses joies, ses tristesses, ils étaient de jade.

Thomas de Brissac était le neveu du Maréchal, le vieil homme le tenait comme son fils. Thomas malgré sa quarantaine d’années qui pouvait pour beaucoup être le signe de la sagesse, avait gardé en lui toute sa jeunesse, sa fougue. Il refusait le mariage, préférant courir les tavernes avec ses officiers de sa compagnie de Lansquenets, trousser les servantes, séduire les femmes mariées. Il aimait la vie, les femmes, la guerre, mais aussi les arts, la lecture.

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Depuis vingt cinq ans il parcourait les champs de bataille d’Europe, offrant son épée à qui voulait bien l’accepter, pas pour l’argent mais pour vivre intensément et fuir sa famille qui en bon troisième fils le destinait à la prêtrise……

Jade ce soir portait une robe de soie et de taffetas noire, au décolleté provoquant, rendant jalouse bien des Lyonnaises dans cette de bal.

Les hommes ne pouvaient détacher leur regard de ces merveilleux joyeux, dont ils auraient bien aimé gouter.

Elle portait une parure de cette pierre dont elle portait le nom, dont les nuances de vert se confondaient avec ses yeux, et contrastaient avec sa poitrine à la peau de porcelaine de Chine si fine, si blanche, si délicate.

On la présenta au Roi, et bien des hommes de sa suite voulurent l’inviter à danser.

Elle refusa. Il semblait qu’elle attendait quelqu’un sans savoir qui.

Le repas fut agréable, des bateleurs, des musiciens animaient les réjouissances.

Soudain un homme entra, interrompant les festivités.

Etait il un messager de l’au-delà se dit elle en voyant cet homme vêtu de noir, dont les bottes claquaient sur les dalles de la salle. Elle ne vit que son regard noir et profond lorsque s’avançant vers le Roi et son oncle Brissac, Thomas tournant la tête en sa direction.

Les regards se croisèrent. Il parla au Roi, au Maréchal et repas reprit. Thomas assis en bout de table se rassasia un peu sans détacher le regard de Jade. Elle le regardait. Il avait posé sa rapière et ses gants a coté de lui et elle remarque une chevalière dont la pierre était du Jade.

Le bal commença et Thomas se leva et quitta la salle.

Il allait franchir les portes, quand Jade, se planta devant lui.

« Vous qui êtes un combattant fuiriez vous devant moi »

Il lui sourit et ils quittèrent le bal pour rejoindre la Maison de la Rose.

Ce fut une nuit de passion sensuelle durant laquelle Jade fut à son grand étonnement légèrement effrayée et presque récalcitrante, mais elle était à nouveau parcourue par les frissons de la sensualité, différents plus aigus et plus terrible que les frissons de la tendresse et en même temps plus désirable. Malgré sa légère frayeur inhabituelle chez elle, Jade ne s’opposa à rien et cette sensualité sans frein et sans retenue, qui la secoua au plus profond d’elle-même, la dénuda des derniers voiles et en fit une nouvelle femme. Ce n’était pas vraiment de l’amour pensa t elle, ce n’était pas de la volupté, c’était une sensualité aigue et ardente comme le feu qui brûlait son âme.

Et ce feu brûlait les hontes les plus profondes, les plus anciennes, dans les endroits les plus secrets. Il lui fallait faire un effort pour lui permettre d’user d’elle selon ses désirs. Elle fut passive, consentante comme une esclave, une esclave physique. Et pourtant les flammes de la passion la léchaient, la consumant, et lorsque cette flamme sensuelle traversa son ventre et sa poitrine, elle crut vraiment mourir, mais c’était une mort poignante et merveilleuse.

C’était là des sensations externes de deux corps qui se découvraient. Après tant d’attouchements, ils étaient comme enivrés. Leurs gestes étaient lents comme dans un rêve, leurs mains lourdes.

Comme le miel et le nectar coulaient du corps de Jade, Thomas y enfonça ses doigts, puis son sexe, et il la retourna pour qu’elle soit sur lui, ses jambes mêlées aux siennes et tandis qu’il la prenait, ils pouvaient voir tout deux la pénétration. Ils virent leurs corps onduler à l’unisson à la recherche du plaisir. Il l’attendait, observant chacun de ses mouvements.

Jade n’avait jamais ressenti cela avec ses amants, était-il le diable venu la posséder, elle voulait se battre mais une force en elle lui disait de se laisser aller.

Comme il voyait qu’elle n’accélérait pas ses mouvements, Thomas lui fit changer de position, la plaçant sous lui. Il s’accroupit sur elle pour la prendre avec plus de force, touchant le fond de son ventre, touchant sans répit les parois de sa chair, et Jade sentit alors de nouvelles sensations se réveiller en son ventre, de nouveaux doigts, de nouvelles bouches, qui réagissaient à sa pénétration et s’unissaient à son rythme exaltant de cette succion, comme si se frottement avait réveillé une nouvelle jouissance.

Jade accéléra ses mouvements pour atteindre l’orgasme et lorsqu’il s’en aperçut Thomas augmenta lui aussi le rythme afin qu’ils jouissent ensemble, l’aidant de ses mots, de ses mains qui la caressaient, et enfin de sa bouche collée à la sienne, leurs langues qui s’unissaient au même rythme que leurs sexes, l’orgasme l’envahit de la bouche à son sexe, dans un déferlements de plaisir toujours croissant qui la fit hurler, entre rire et larmes, le corps débordant de joie.

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Ils restèrent là un long moment unis ne faisant qu’un seul corps. Jamais elle ne s’était donnée à un homme sans baisser sa garde.

Ils refirent l’amour jusqu’au petit matin, elle reprit le contrôle s’emparant de sa bouche avec fougue ce membre diabolique qui la rendait folle, mais se laissant à nouveaux aller aux caresses linguales de son amant.

Il devait partir avec ses Lanquenets en avant-garde de l’armée royale.

Elle l’accompagna jusqu’à ses quartiers, c’était la première fois de sa vie qu’elle restait avec un amant.

Il monta sur son cheval noir.

« Reviens moi vite »

Il se pencha déposa un baiser sur ses lèvres qui gardaient encore les arômes de leur amour

« Je te le promet »

Il s’éloigna quittant Lyon vers le Piémont avec ses cavaliers.

Elle le regarda franchir le grand pont de pierre, jusqu’à ce qu’elle ne le vit plus, elle pleurait.

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6 Commentaires


Recommended Comments

encore un texte magnifique

érotisme, romantisme, historique sont au rendez vous......bravo

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Du Mariveau tel que je l'adoreeeee .

J'ai des frissons de tous ces "motsimages" .

Merciiiiii mon F'Rôdeur .

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Un texte qui me laisse pantoise avec les larmes aux yeux, tu as bien cerné ma personnalité !

Je te dis un grand merci, ça me touche énormement.

Bisous.

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