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Bain de Minuit - Ladyvine et Mariveau

Mariveau

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"Les défis sont ouverts ! J'attends vos propositions...

- écrire en quatre mains avec Mariveau avant qu'il ne disparaisse

- Ladyvine relève ce défi. Ainsi que celui d'empêcher Mariveau de disparaître...

- alors Une nouvelle Muse va me défier à elle de décocher la première flèche et faire couler la première encre"

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Elle frissonna.

Le souffle céleste, contrastant avec la chaleur estivale, avait pris la jeune fille en traître. Les ombres du bois laissèrent place à l'obscurité totale quand un nuage passa devant la lune. Elle attendit que la lumière revienne pour avancer vers le lac.

Alors qu'elle s'arrêtait, elle cru entendre un bruit. Elle regarda autour d'elle, scrutant l'obscurité, mais ne put distinguer du noir que les arbres les plus proches. Elle prêta une oreille attentive à ce qui l'entourait : seul le vent semblait briser le silence nocturne. Il souleva sa robe de quelques centimètres.

Le nuage s'écarta.

Une douce lumière argentée revint éclairer le chemin de la demoiselle, qui reprit son chemin. Arrivée devant le lac, à la fois sombre et lumineux, la demoiselle testa l'eau de sa main.

Elle était si fraîche...

Retirant sa robe, ôtant ses dessous, la jeune femme posa un pied sous la surface, puis un deuxième. Elle glissa ses jambes une à une dans cette nappe bleue que l'éclat lunaire faisait briller de mille éclats. Elle y entra ses hanches, et sentit le délicieux frisson tant attendu au creux de ses reins. Elle laissa échapper un soupir d'aise tandis que l'eau vint caresser son coup.

Elle se laissa flotter, et oublia complètement son sursaut de tantôt.

Le mois d'août tirait à sa fin, la canicule s'était installée dans la région, la nature souffrait le jour de la chaleur, la nuit il n'y avait aucun répit pour les corps.

L'homme avait du mal à trouver le sommeil, était ce la chaleur peut être, étaient ce ses tourments surement. Depuis qu'elle était partie pour toujours vers des havres de paix, lui il errait comme une âme en peine. Plus d'une fois il avait voulu la rejoindre, mais il se raccrochait à son souvenir.

Cette nuit là, il ne pouvait dormir, trop de souvenirs le hantaient. Il s'était installé dans une petite pension de famille sur le bord de ce magnifique lac.

Il ne sortait pratiquement pas se faisant servir ses repas dans sa chambre, lisant les lettres passionnées qu'il avait écrit à celle qu'il avait aimé et qu'il aimerait toujours au delà de l'éternité.

Il avait bien remarqué la présence de cette jeune femme, se laissant aller à admirer ses courbes gracieuses, sa démarche délicate, sa silhouette lui rappelait sa douce. Il chassa cette image et se referma. Oui, un instant, il avait senti rebattre son cœur et son âme se réveiller.

Elle était si belle, les hommes ne pouvaient s’empêcher de la regarder malgré le regard courroucé des épouses compagnes ou maitresses.

L'homme à l'âme tourmentée, meurtrie par la peine, portait les stigmates de son âge mûr.

Cette nuit il ne pouvait dormir, il avait décidé de la rejoindre, rejoindre sa douce.

Il mis en ordre ses affaires et posa sur la table de nuit une enveloppe avec une lettre.

Il sortit discrètement de la pension, sans voir la silhouette fine s'engouffrant dans le sentier rejoignant le lac.

L'obscurité, avait enveloppé la forêt, malgré la clarté de la voûte céleste, les ténèbres régnaient . Il pourrait ainsi partir sans regret.

Une branche craqua sous son pied, troublant la nuit.

Il prit un petit sentier et se dirigea vers une petite crique.

La lumière diaphane de la lune irisait les flots d'arabesques argentées.

Ce sera donc ce soir. Il ôta ses vêtements et s'avança dans l'eau si fraiche contrastant avec la chaleur de la nuit.

Son attention se porta vers une petite anse à l'opposé d'où il se trouvait.

Elle était là, la jeune femme de l'hôtel. Si belle, si fine. Il se surprit à s'amuser de la voir jouer avec les flots.

Il oublia ses idées noires pour la première fois depuis si longtemps.

Il se mit à nager, il sentait la fraicheur de l'eau glisser le long de son corps nu, imperceptiblement il s'approchait d'elle.

Une encre semblait se mêler au lac au fur et à mesure que l'on s'y enfonçait. Le contraste avec la surface n'en était que plus surprenant pour la demoiselle. La noirceur apparente dans laquelle ses doigts s'enfonçaient était inatteignable ; cette main avide de saisir les ténèbres en ressortait immanquablement un liquide transparent qui s'écoulait avant qu'elle n'ait pu fermer le poing. Lançant son bras vers la surface, elle dispersa l'objet de sa quête en une infinité de gouttes brillantes qui vinrent se fracasser sur le reflet de la lune. Elle rit. D'un mouvement de ses longues jambes sveltes, elle fit disparaître son corps dans les profondeurs ténébreuses, et réapparaître quelques secondes plus tard. Décidant de laisser l'astre nocturne déposer des éclats nacrés sur sa peau, elle exposa son corps de tout son long, et se laissa à nouveau bercer par les flots calmes de cette nuit paisible. L'air frais caressait son visage, ses jambes et sa poitrine.

Puis elle l'entendit.

Ce n'était pas un bruit effrayant en soi, car sa douceur à l'oreille suggérait un mouvement fluide, lent, et serein. Mais il était parfaitement reconnaissable : quelque chose se frayait un chemin dans les eaux du lac, proche de la jeune femme. Et ce n'était pas un animal : la tonalité du son était bien trop grave. Quelqu'un nageait à une dizaine de mètres de là.

Son souffle s'accéléra.

Un réflexe pudique poussa la baigneuse à engouffrer son corps dans les profondeurs aqueuses, ne laissant hors de l'eau qu'une tête désemparée. Elle n'avait pourtant aucun complexe quant-à son enveloppe charnelle, et était tout à fait encline à la montrer. Mais elle avait conscience que se baigner seule en pleine nuit n'était pas de la plus grande prudence. Il fallait localiser le nageur afin de déterminer qui il était et ce qu'il avait été susceptible de voir. Tournant la tête, elle vit approcher un homme, sans pour autant déceler son absence de vêtements.

S'assurant que les eaux ténébreuses masquaient sa nudité, elle pris le temps d'observer l'impromptu attentivement : ses gestes étaient pondérés, confiants, et dégageaient une certaine quiétude rassurante.

Leurs regards se croisèrent. Elle comprit qu'elle ne courait aucun risque.

Cet homme avait quelque chose de doux, de séduisant, de magnétique. Il semblait avoir une sorte d'aura bienfaisante, inspirant confiance instantanément. Son visage semblait marqué par les émotions humaines, preuve que c'était quelqu'un de sensible ayant vécu des choses intenses. Un sourire avenant respirant la sincérité vint confirmer à la jeune femme que son interlocuteur prochain n'avait aucune intention hostile.

Quand il arriva à sa hauteur, elle lui offrit son plus beau sourire, attendant que ce nouveau compagnon de baignade entame la conversation.

Lui qui, il y a peu de temps allait se livrer à jamais aux flots sombres de ce lac, le voyait sous un jour nouveau.

Il nageait lentement en direction de cette image qui lui semblait à la fois réelle et irréelle.

Était-elle Ondine, était-elle la Dame du Lac.

Une légère brise dissipa les nuages, laissant poindre le clair de lune. La lumière pâle se reflétait maintenant dans l'eau calme du lac simplement troublée par les mouvements des deux corps.

Il avait été troublé par la beauté nacrée de ce corps merveilleux qui s'offrait à la lumière diaphane de la demeure de Sélénée .

Elle nageait avec grâce, sensualité, il se dégageait un tel érotisme dans ses mouvements qui le troubla. Il vit qu'elle l'avait vu. Elle dissimula son corps au regard de cet intrus. Était il hostile, qui était cet homme nageant dans la nuit avec puissance, mais aussi douceur.

Il ne voulait pas lui faire peur. Il avait remarqué qu'elle dissimulait sa nudité, laissant sortir de l'eau son doux visage.

Il nageait avec lenteur, l'eau fraîche semblait glisser sur son corps comme des mains, il semblait ressentir les caresses de sa douce.

Il se rapprochait de cette nymphe de la nuit, leur regard se croisèrent.

Dans les yeux de la jeune femme brillaient comme deux joyaux, et elle lui sourit.

Il s'enhardit et lui adressa la parole.

Elle entendit pour la première fois, cette voix puissante, grave, chaude, douce.

«Belle Ondine, cette nuit est bien propice aux rêves, moi qui voulait m'abandonner aux flots sombres de ce lac, je me trouve en présence de la Dame du Lac »

Il vit le regard étonné de la jeune femme.

« Pardonnez moi, je ne suis qu'un sot, et je vois que je vous trouble, pardonnez moi. Je ne pensais rencontrer aucune âme dans ces eaux si fraiches, si profondes. Cet endroit est si sauvage, si sombre pour qu'une charmante et délicieuse personne offre son corps aux caresses des flots, seule avec le mystère de la nuit. »

La brise avait chassé les derniers nuages, maintenant la lune diffusait pleinement sa lumière.

Elle le regardait non avec peur mais étonnement. Elle ne disait rien.

« Vous plairait il de m'accompagner au grès des flots, j'aimerais vous faire découvrir ce lac comme quelqu'un me l'a fait découvrir jadis, une nuit identique à celle ci. »

Il entendit alors sa voix, douce, aussi limpide que cette eau issue des glaciers de la montagne environnant qui se détachaient sur l'horizon et dont l'ombre semblait plonger dans les flots profonds.

« Oui, faites-moi découvrir » dit elle .

« Suivez-moi. »

L'homme avec puissance tel un squale fendit l'eau de ses bras. Sans hésiter, elle le suivit.

« Que suis-je en train de faire, se dit elle, une folie c'est sûr, mais cet homme est si étrange, si mystérieux, mais si triste. Je ne peux le laisser ainsi. »

La jeune femme avait compris, elle se rappela une conversation avec le directeur de la pension, lorsqu'elle avait demandé qui était cet homme seul perdu dans ses pensées. Le tenancier à voix basse, comme pour ne pas troubler les Dieux, lui avait raconté son histoire.

Un homme ayant vécu dans la violence, un homme tourmenté, qui avait rencontré une nuit au bord de ce lac, l'amour, celle qu'il a aimé follement, passionnément, tendrement et qui lui a été enlevé par la maladie.

Cet homme était là, seul dans son passé, dans ses souvenirs, dans ses tourments maintenant ravivés par la douleur de cette perte.

Elle le suivit, le rattrapant et nageant maintenant à ses côtés.

Malgré son âge mûr, l'homme lui paraissait des plus séduisants, sa chevelure blanche se détachait de la noirceur des flots. Sa barbe grisonnante presque blanche en faisait un être irréel. Elle devinait à chaque mouvement une musculature puissante. Elle vit ses cicatrices, marquant sa chair, souvenirs de son passé guerrier.

Elle était fascinée par la puissance de ses jambes. Elle eut des pensées, qu'elle tenta de chasser de son esprit, mais elle était troublée par le magnétisme qu'il dégageait. Chaque mouvement de cet homme dans l'eau était pour elle pur érotisme.

L'homme s'arrêta devant une petite plage. Elle s'approcha. Elle ne voyait rien.

Elle n'entendait que le léger bruit de l'eau descendant un cascade un flanc de la montagne.

« Regardez... » dit il.

Les yeux de la jeune femme s'habituèrent à le noirceur des lieux.

Sans le courant de cette cascade, il y avait un couple, un cerf majestueux et une biche . Il buvaient de concert cette eau si fraiche en cette nuit encore étouffante.

Le cerf s'approcha de sa biche et commença à lécher délicatement le pelage de sa compagne.

La jeune femme les regardait avec attention, trouble et tendresse.

L'homme était à ses cotés, ils étaient en suspend dans l'eau.

« Regardez cet amour » lui dit il.

Le courant, engendré par la cascade dans les flots calmes du lac, firent que les deux corps se frôlèrent.

La jeune femme frémit au contact de cet homme. Lui n'osa bouger.

Les nuages masquèrent un instant l'astre de la nuit.

Dans la noirceur de la nuit, ils se faisait face, leur regard se croisèrent.

Et sans qu'on sache qui fit le premier pas, ils se trouvèrent l'un contre l'autre, se laissant emporter par le courant.

Elle ressentit la chaleur de cet homme, lui ressentit contre son torse les battements du cœur de la jeune femme qui s'emballaient.

La lune réapparut, les amants du lac s'embrassaient.

La splendeur du moment figea le temps.

Lovés dans les bras l'un de l'autre, nul n'osait bouger. Le désir qu'ils ressentaient pour l'autre, mêlé à la magie des lieux, était un envoûtement exquis. La chaleur de leur étreinte, qui contrastait délicieusement avec la fraîcheur du lac, se fit plus forte.

L'étincelle devint flamme.

La jeune femme prenait pleinement consciente de la nudité et du désir de son amant.

Lui pouvait désormais sentir les formes de la demoiselle contre sa peau.

Leur passion s'intensifia. Les doux baisers devinrent plus passionnés, leurs mains se firent plus caressantes. La jeune femme ressentait toute la tendresse des gestes de son amant. Lui devina la fougue contenue afin de ne pas brusquer un cœur brisé. Leur lèvres se séparèrent un instant. Leurs souffles se frôlèrent, lourds de désir.

Ils s'embrassèrent à nouveau, dans une ardeur nouvelle.

La lune éclairait à nouveau le lac, diffusant sa lumière douce, sublimant cet instant. Elle qui venait se baigner pour échapper à la chaleur caniculaire de cette nuit, éprouvait un désir passionnel d’aimer cet homme si en proie aux tourments. Elle aimait sentir sa puissance, cette force mêlée de douceur, et de tendresse. Elle aimait la délicatesse de ses caresses. Ce n’était plus la fraicheur de l’onde de cette cascade qui la faisait frissonner mais les effleurements délicats des doigts et des lèvres de cet amant improbable.

Leurs baisers de langoureux, devenaient fougueux, leurs lèvres s’entrouvraient, ils étaient amants.

Elle sentait le désir d'homme contre elle. Elle voulait s’abandonner à lui. Elle était fascinée par la profondeur de son regard vert, un regard qui avait tant de souffrance en lui, mais où une étincelle de vie venait de renaître.

Lui était ébloui, pas la beauté de cette femme, ce baiser réveillait en lui ce qu’il avait oublié, simplement l’envie de vivre.

Il lui semblait à nouveau sentir couler dans ses veines, l’envie, le désir, la passion, et l'amour.

Elle plaqua ses seins, les pointes dardées de ces deux si merveilleux fruits, aux aréoles si claires contre sa poitrine. Il plongea ses lèvres dans le cou de la jeune femme, lui arrachant un petit rire chatouilleux.

Le tension était maintenant à son comble, leurs bouches se retrouvèrent, et leurs langues se mêlèrent. Elle passa les bras autour du coup de son amant, et enserrant ses jambes autour de ses hanches, délicatement elle s’empala avec douceur sur son désir tendu.

Le vit de l'amant franchit le seuil de la jeune femme, déclenchant une puissante onde de plaisir au contact de toute chose gênant le passage.

L'homme sentit d'abord le bout de son être toucher le creux de son amante, puis dans la continuité de cette extrémité, le reste de sa masculinité progresser dans une antre chaude, douce et humide. L'antre de la jeune femme vibrait de plaisir tandis qu'elle glissait autour de ce membre vigoureux. Elle sentait chaque parcelle de cet homme en elle tandis qu'elle s'enfonçait vers lui.

Le trajet fut lent, doux, et immensément satisfaisant pour les deux amants. L'amante ne put réprimer un long soupir sonore. L'homme retint son souffle. Une fois pleinement en elle, il expira au creux de l'oreille de sa compagne, et inspira en admirant son visage. Elle finissait son murmure de plaisir, la bouche entrouverte, les yeux fermés.

Qu'elle était belle...

Commença alors une danse exquise dans les flots du lac, où chacun s'adonnait à des mouvements puissants, ralentis par les eaux. Ils se cambraient et s'épousaient à l'unisson, offrant à l'autre de précieux instants de volupté.

Les minutes s'écoulèrent tandis que leur plaisir s’intensifiait. Haletants, les deux amants sentirent la jouissance naître, croître... puis exploser.

Dans ce moment d'extase où le monde entier s'éclipsa pour laisser un peu d'intimité à ce couple de la nuit, les amants du lac de firent plus qu'un.

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2 Commentaires


Recommended Comments

Je découvre ce joli texte seulement maintenant!

merci de nous faire partager ce très joli moment, Lady et Mariveau

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