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Croupes du Monde

Ce truc chelou qui m’arrive depuis quelques semaines, faut que je vous raconte ça ! Ça a commencé mi-juin. J’étais posté tranquille à la terrasse d’un café, le café Oz. Ils ont une grande terrasse ensoleillée une bonne partie de la journée, mais à cette heure-là elle commençait à offrir un peu d’ombre, ce qui était pas plus mal vu comme ça avait tapé dur depuis le matin. C’est un bar d’étudiants, point de chute de tous les Erasmus du coin en quête d’échanges linguistiques. Et plus si affinités. Moi, on aurait du mal à me prendre pour un étudiant de Licence 1, même de Master 2, même pour un thésard qui aurait pris son temps. Mais bon, on sait jamais, le délire daddy ça existe ! En tous cas, rien que de profiter de ma bière et de toutes ces jambes, toute cette peau, tous ces petits culs et tous ces décolletés juvéniles – mieux encore ! Un sein ferme, un marcel lâche,  et mon regard ne peut plus quitter l’échancrure du bras – je dois avouer que j’étais plutôt pas mal… Bref, discret comme je suis, j’ai forcément fini par me faire capter. La propriétaire du sein de vingt ans que j’étais occupé à détailler me fixait. Lorsque mes yeux sont remontés et ont croisé son regard, outre que je suis devenu instantanément écarlate, elle m’a adressé un joli sourire assorti d’un clin d’œil. Et c’est à ce moment que c’est devenu un pur truc de dingue ! Tout le monde s’est mis à se figer, sur la terrasse, dans les rues, partout. Enfin, pas vraiment figé, mais comme en slow motion, vitesse 1/1000ème. Sauf elle. Elle s’est levée tranquillement, est venue vers moi, m’a tendu la main et m’a dit : « Hey, I’m Jill ! » J’ai bredouillé mon prénom en serrant sa petite main, et aussitôt l’avais-je libérée qu’elle s’est agenouillée entre mes cuisses, à défait ma braguette, sorti mon sexe à peine gonflé et l’a mis dans sa bouche. Il a pas fallu longtemps pour que je bande comme un cerf. J’étais donc là, le cul sur une chaise de café, au milieu d’une foule au ralenti, en train de me faire pomper par une petite surfeuse de vingt piges, une pure bombe atomique ! Vu que personne ne semblait être offusqué, et que même si ça avait été le cas, le temps qu’il y en ait un qui réagisse, on aurait pu se faire le Kâma-Sûtra complet et dans les deux sens, on s’est vraiment lâchés, et le moins que je puisse dire, c’est que la jeunette aimait ça et savait y faire, bien qu’on eût pu supposer a priori une certaine inexpérience inhérente à son âge. Bref, elle a joui une première fois assez vite après être venue s’asseoir et s’empaler, en criant des « Oh yeah ! », des « Fuck me ! » et des « Oh your cock is so big ». Son deuxième orgasme, elle l’a eu alors que je la prenais en levrette sur une table (occupée). Elle avait enlevé le verre de la main  d’un type qui s’apprêtait à le porter à ses lèvres, et lui suçait le pouce tandis que je la démontais avec méthode. Je me suis dit que si elle le mordait, le type allait rien comprendre en repassant en vitesse réelle. J’ai joui en même temps qu’elle, et à cet instant, le temps a repris son rythme. J’ai vite remballé le matériel, et feignant la perte d’équilibre on s’est confondus en excuses sur le bordel qu’on venait de mettre sur la table. Un type a dit Aïe ! en regardant, incrédule, une goutte de sang qui perlait de son pouce. Les autres nous ont pourris. Bref, je me suis mis à fréquenter ce bar de manière totalement assidue, à savoir quotidiennement et de midi à deux heures du mat. Il ne s’est rien passé pendant plusieurs jours, et pourtant c’était pas faute de mater, et le moins discrètement possible en plus. Mais ça ne m’a attiré que des regards désapprobateurs au mieux, pas mal de remarques cinglantes et une bonne claque dans la tronche une fois. J’ai donc mis un peu la pédale douce avant de me griller complètement. Et puis il y a eu cette petite Latina, una pequiña bomba hombre !  Pas très grande, un boule de ouf et des seins comme des obus. Clin d’œil, touche pause. Elle a fait place nette sur une grande table autour de laquelle se trouvaient une bonne dizaine de jeunes gens, a relevé sa jupe, ramené ses pieds vers ses fesses et m’a offert sa chatte que j’ai dégustée pendant un bon moment, jusqu’à ce qu’elle jouisse à grand renfort de « Ademante ! Lamerme bien ! Oh, eso es bueno ! », mais cette fois les gens se sont réveillés plus vite, et je n’ai pas eu le temps d’assouvir mon envie. Ce cunni était malgré tout un pur délice, je ne regrette rien. Quelques jours plus tard, c’est une grande blonde qui m’a gratifié d’un sourire et d’un clin d’œil. Bon là franchement, je sais pas ce qui s’est passé, mais ça n’a pas été terrible. Je crois qu’on s’est un peu ennuyé tous les deux et du coup la pause a été de courte durée. Pas de feeling, pas d’orgasme, match nul. Par contre ensuite, coup sur coup, deux Sud-Américaines encore. Torrides. La première surtout, un festival ! Elle m’a fait jouir trois fois, la totale. 69, andromaque, missionnaire, levrette, debout contre un mur. Je lui ai offert quatre orgasmes magnifiques pour ma part : dès la 13ème minute, elle s’est lâchée sur un magnifique cunni. A la 41ème, elle m’a fait jouir dans sa bouche, mais elle a continué la coquine, si bien que sept minutes plus tard elle a eu droit au doublé. A la 57ème, je lui ai offert un superbe orgasme de l’arrière, propre, pur, parfait. A la 61ème elle a joui en me chevauchant, et 4 minutes plus tard une fois encore alors que je la travaillais en missionnaire. Enfin, alors que je pensais être complètement mort, elle a quand même réussi à me faire jouir une dernière fois entre ses seins, alors que le public s’était déjà réveillé ! J’ai eu mal à la queue pendant plusieurs jours, du coup, les deux orgasmes que j’ai procurés plus tard à cette autre drôle de petite Latina n’ont été le fruit que de mes doigts et de ma langue. Mais qu’est-ce que c’était bon ! Il y a eu cette jolie Belge aussi. Je l’ai fait jouir. Une fois. Une experte. Une seule étreinte, longue, âpre, sensuelle, totale. On a été tous les deux très souvent à la limite mais elle a craqué la première et s’est laissée emporter dans par une jouissance terrible. On aurait dit que sa chatte pleurait tellement elle était trempée et prise de convulsions, ça m’a ému. Je l’ai cajolée encore presque aussi longtemps après, mais je n’ai pas eu le cœur de jouir. Une drôle d’histoire non ? A l’instant où j’écris, j’ai le cul posé sur cette chaise qui est mon repaire depuis un mois maintenant. Toujours à la même place. J’ai eu de la chance avec la météo. Pas une goutte de pluie. J’ai juste cramé. Quand je suis à poil on dirait que je viens de boucler le Tour de France.  Il y a cette jolie brune qui me mate. Un peu trop sophistiquée, on dirait une fille de l’est. Ou une Italienne ? Je ne sais pas trop dire. Oh putain ! Elle vient de me faire un clin d’œil ! Bon, quand faut y aller… j’ai bien envie de lui offrir trois ou quatre orgasmes de fou !  Je sais pas si j’ai envie de jouir moi. Ou alors une seule fois, pour lui faire plaisir.  

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Sentence

Petit exercice de style oulipien. A l'inverse de La disparition de Perec, ici la seule voyelle autorisée est le E. Énervé, excédé même, de mener les recherches, Perec est en effervescence : elle est cernée, cette lettre, encerclée ! « Détente et bercements, j’en rêve tellement… » pense le mec. Certes, des lettres désertent de temps en temps. Excepté le E… Le E reste ! Le E est l’essence des textes, le père, les vertèbres. Le zède se met en grève ? Je m’en pèle les fesses ! Le E, cet écervelé, ensemence, fédère et élève. Enlevé, le texte est étêté. Sexe, herbe, verge, fente, herpès, sperme, prêtre fessé, femme dégénérée, échevelée, pénétrée : lexèmes désespérés, vexés, lésés, rejetés… de belles légendes empêchées… L’exempter de sentence ? Enfermez-le prestement ! Pendez-le ! E présent, E décédé… l’encre ne cesse de sécher. Bref… je m’emmêle les pensées. Pré-sénescence ?  

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Ce que ça fait

Bien sûr, mes doigts ressentaient toujours la caresse de ses sillons intimes. Comme la douleur fantôme qu’on éprouve, paraît-il, alors qu’on a perdu un membre. La réalité imaginaire d’un morceau de vide. Sauf que là, c’était un plaisir fantôme. Un souvenir digital. Comme si mes empreintes avaient épousé ses reliefs et en avaient gardé la structure délicate, la réplique parfaite, et qu’ainsi, je pouvais convoquer à loisir l’impression d’alors. Revivre les pulsations sur mes phalanges, remonter le temps et glisser à l’envers entre deux lèvres humides, toucher à peine son clitoris, poser ma paume sur son pubis puis glisser vers l’intérieur de sa cuisse, la recouvrir de sa jupe, remonter le long du ventre, sur son sein droit, en pincer légèrement le téton, caresser la gorge puis le cou où mes lèvres s’étaient entre-temps posées, avant de s’en aller. Puis repartir en avant, l'embrasser dans le cou, y poser ma main gauche, descendre sur sa gorge... Sur ma langue, tatouées les réminiscences de son goût et de sa texture à l'encre de sa cyprine. Mon sexe, lui, n’avait rien connu. Il était amputé de ce souvenir et nul plaisir fantôme n’était jamais venu le tourmenter. Mais voilà qu’était arrivé l’instant où cela allait changer. La genèse du souvenir. Allongée sur le dos, illuminée de sourire et d’une sereine nudité, ses mains sont sur mes hanches et m’attirent doucement à elle. L’une me vêt d'un fourreau de velours, me guide. Voilà. L’instant zéro. Les suivants seront uniques, par essence. Il faut les graver dans la chair. Chaque terminaison nerveuse doit être à son poste, ne rien perdre du spectacle, en prendre sa part et en garder la flamme. Ainsi la construction du souvenir sera possible. Lenteur, maître mot. Il faut que le temps s’étire, que les instants coulent de points à tirets, de tirets à segments. Laisser le temps aux corps de s’imprégner d’étoiles. Assez de temps pour que je voie tourner majestueusement des galaxies spirales  dans la nuit de ses iris absents. C’est un big-bang en slow-motion qui va se jouer. Mon gland est posté à l’orée de son antre. Lentement je m’enfonce en elle. Je glisse facilement, elle m’attendait. Je me déploie, me fais place, m’impose. Elle, fait mine de résister, mais s’ouvre et m’accueille et se laisse envahir. Peu à peu, sans s’en rendre compte. Voilà ce que ça fait... Un souvenir qui se crée. Non, deux souvenirs, symétriques, chiraux, dont seule la réunion pourrait rendre  l’instant dans toute sa vérité. Cette vérité n’est à la portée ni des hommes ni des femmes. Elle est transcendante. Bientôt je la remplirai entièrement, je serai né à l’envers. Il faudra faire l’amour longtemps ensuite, car ce moment unique doit être célébré, et que tout ce qui le célèbre participe de la fabrique du souvenir.  

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Pascal avait raison

"Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie" Le toc-toc de tes mots qui tapotent à l’écran L’éclat de ton rire de ponctuation Tes soupirs presque imperceptibles en codecs variés Tes mots en boucle qui pépient dans mon casque   Le silence de pixels de tes cris pour un autre m’effraie Le tambour de mon cœur lorsqu’il croise ton regard Le souffle de l’incendie qui coule sur tes épaules Le frottement de ta main sur ton ventre de lait Le tic-tac qui égrène et emporte et fait vivre   Le silence de l’horloge qu’on arrête pour les morts m’effraie Le clapotis de tes doigts qui jouent pour moi Cette voix zébrée d’enfance, que j’aurais jurée mienne L’intonation de ta fausse naïveté dans nos jeux interdits Le raffut de tes smileys qui courent et sautent partout Rient, s’interrogent, découvrent et s’émerveillent   Le silence insolent du curseur qui clignote m’effraie J’veux du bruit, du vacarme, du boucan, du tapage ! Que ça crie, que ça hurle, j’veux du sang, j’veux des larmes ! Je veux que tu me frappes, que tu perces mes tympans…   Ce silence cruel dévore mon cœur et m’effraie Le silence du chagrin que je ne vois pas couler Le silence de tes nuits où tu te prostres sans moi Ce silence qui me réduit à quantité négligeable   Et résonnent en moi les basses sourdes de décibels muets L’agression d’un mutisme qui fait vibrer mon ventre   Ton silence me crucifie Ton silence m’offense   Il ne me parle pas   Mais je n’entends que lui            

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Qui ne tantra rien n'a rien

Il est là, à ma portée. A genoux à côté de toi, priant le dieu Kâma,  bandé comme Gāndiva, alors que tu sacrifies au rituel de l’huile et masses un phallus indécent. Ma main s’en approche lentement. D’une pression légère, je t’invite à écarter les jambes. Je ne te toucherai pas, même si tu l’espères, même si tu me supplies. Imperceptiblement, réduire la distance à presque rien. Tout est dans ce presque. Parfois, mon pouce ou mon auriculaire frôle la peau fine d’une cuisse, et tu sursautes. Ton bassin s’anime peu à peu. J’admire ta fente s’ouvrir et se fermer au gré de tes mouvements. La luisance en prendre possession. Ma main comme un cocon. Je peux sentir la chaleur de ton sexe maintenant. Ton ballet s’accélère, je prends garde à ne pas me laisser surprendre, j’accompagne ta danse. Comme un fil invisible. Je suis marionnettiste de ta chatte. Tu voudrais que je t’agrippe, que mes doigts se referment puissamment autour de toi, te griffent, te broient, te chiffonnent. Faire durer. Accorder un effleurement léger sur une lèvre, qui t’arrache un cri, puis partir. Ta main qui n’a cessé de me branler, m’a fait payer ma légèreté de garrots et de turgescence. De dépit, tu attrapes et malaxes mes couilles, tandis que j’approche mon visage de ton sexe frustré. Je ne te toucherai pas, même si tu l’espères, même si tu me supplies. Imperceptiblement, réduire la distance à presque rien. Tout est dans ce presque. Parfois, la rugosité de ma barbe offense la peau fine d’une cuisse, et tu me hais. Souffler doucement sur ta vulve, cibler les zones humides, apporter la fraîcheur. Je peux sentir sur mon visage la fournaise de ta chatte en chaleur. Son odeur qui tente de me corrompre. Je suis incorruptible ! Je ne t’accorderai qu’une seconde de mon nez contre ton clitoris. Je suis le bourreau de ton sexe, et tu tortures le mien. J’ai le temps. Lorsque tu auras joui, alors je te prendrai.

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Merci.

C’est notre histoire qui s’achevait. Et moi je ne voulais pas le voir, je ne voulais pas y croire. Toutes ces étreintes volées, ces baisers-paradis, ton corps contre le mien, ton parfum, ton odeur… Le goût de l’interdit, celui de ton sexe. Le bonheur d’ouvrir les yeux le matin, parce que j’allais te voir. La déception parfois lorsque tu n’étais pas là. Enfant malade. L’amour en voiture, l’amour à l’hôtel, l’amour chez toi, chez moi, sur l’herbe d’un parc gorgé d’été. La douceur de ta peau, de tes caresses, de ta bouche autour de moi. L’étroitesse de ton vagin, la cicatrice à la lisière de ta toison rase. La beauté de ton sexe. Son goût… Tes gémissements, tes chevauchées sauvages, tes mains comme des serres sur mon torse, tes orgasmes, tes petits seins qui se marbrent, cette petite ride au coin de l’œil, ta bouche qui fond sur la mienne et moi qui jouis en toi. Tes doigts qui se promènent... Le poison de l’interdit aussi, qui s’insinue lentement. Nous étions mariés tous deux. Il n’aurait pas fallu tomber amoureux. Il n’aurait pas fallu. Tu avais voulu te sentir femme à nouveau. Pas seulement mère et épouse. Femme. Et tu m’as fait me sentir homme. Tellement homme. J'ai tellement souvent été ombre depuis. Moi j’ai cru longtemps que tu avais choisi la pire manière, la plus cruelle : l’éloignement progressif. Le chaud et le froid. De moins en moins de chaud. De plus en plus de froid. Du tiède. La magie s’est envolée. Et puis les difficultés à bander, l’éjaculation instantanée à peine t’avais-je péniblement pénétrée. De plus en plus fréquemment, alors que nos étreintes devenaient de plus en plus rares. Le cercle vicieux. Mais tu n’as rien choisi, je le sais maintenant. Tu parlais à un sourd. Un égoïste aveugle à ta propre souffrance. Cette dernière fois enfin où, malgré nos caresses, malgré ton corps dont j’aimais tout, absolument tout, qui m’avait si souvent rendu animal, cette dernière fois donc, mou et désespéré, englué dans notre étiolement. Je m’en souviens comme si c’était hier. Il a suffi d’un mot, un simple mot. Mou et désespéré, englué dans notre étiolement... Je t’ai dit que ça risquait d’être un peu long à venir, presque un trait d'humour. Je t’ai demandé si tu avais du temps devant toi, du temps à m’accorder. Ce temps que tu ne m’accordais plus, presque plus. Tu m’as caressé les cheveux, tu as soufflé « oui ». Mon Dieu, tu es si belle… Et tu m’as sauvé. Ce fut notre dernière fois. La magie et la grâce, disparues depuis si longtemps, sont revenues nous toucher, comme à nos débuts. Nos corps et nos sexes se sont retrouvés et ont fusionné, longuement, comme à nos débuts. L'étreinte qui eut raison de nous fut un bête missionnaire. Lorsque ton vagin a senti que j’allais jouir, tu m’as demandé de t’embrasser, tu t'es abandonnée à ton plaisir. Notre dernière fois... Tu m’as accordé qu’elle fût belle. Merci.        J'aime  COMMENTAIRES  

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Portrait chinois

Si j'étais un animal… je serais femelle, libre et indépendante. Je passerais mes nuits sur un toit, à contempler la ville et le Monde à mes pieds, territoire des possibles. Mais je serais duale, capable aussi de ronronner de plaisir sous la caresse d'une main, à la chaleur d'un âtre. Et puis mère protectrice, intraitable, mettant entre parenthèses sa félinité. Avant de repartir, sous un ciel sans lune, faire se battre les mâles. Si j'étais un objet… je serais le micro d'une chanteuse écorchée. Ses lèvres, tout près de moi, me susurreraient des mots d'amour, me crieraient la passion, me conteraient la peine, me décriraient la détresse et la mort. Je recueillerais ses larmes, ses sourires, sa salive, la caresse de ses lèvres, ses rêves, ses secrets inavouables, son plaisir et sa souffrance, ses doutes et ses certitudes, ses joies et ses peurs. Alors je comprendrais les femmes. Si j'étais un paysage…  je serais planté de cyprès et d'oliviers. Je serais en terrasses. On aurait posé sur moi un homme et une guitare, d'autres hommes, et des femmes. On aurait mis dans leurs mains des verres. On aurait fait souffler sur moi une légère brise d'été, vespérale, fait décliner lentement la luminosité. Je sentirais sur moi le poids d'une barrière, et s'appuyant sur elle, un couple enlacé, jouant des lèvres et des mains, tout en me contemplant couler jusqu'à la mer.

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Frank

Pas du cul pour une fois, mais un petit délire-hommage aux Pixies, et à leur titre Nr 13 baby, mon préféré. Gageons que la jeunesse californienne du gros Francis a été plus heureuse. 😉   C’était pas toujours à la même heure, mais ça commençait toujours pareil. En début de mois, ça pouvait attendre le soir. La journée - enfin la journée elle démarrait souvent vers 14 heures pour ce connard de Joey - il la passait dans ce bar merdique à traîner avec les déchets qui lui servaient de potes, à peloter le cul des serveuses ou à se faire tailler des pipes à dix dollars par des putes défoncées à l’héro sur le parking derrière, au milieu des poubelles qui cuisaient au soleil. Mais en fin de mois, à partir du 10, du 15 si il avait géré, il picolait à la maison. Alors là, y’avait pas de règle, ça pouvait tomber n’importe quand. Toujours pareil, un prétexte à la con : le taudis pas assez propre, plus de bières dans le frigo, Mummy qui voulait pas se laisser prendre contre l’évier. Moi, je le savais à l’avance quand ça allait arriver. Mummy aussi. On avait même plus besoin de voir son regard s’assombrir, on le sentait c’est tout. Y’avait ces boules qui venaient se mettre dans mon ventre, dans mon cou, je commençais à avoir chaud, à transpirer comme si je venais de me taper tout Hawthorne Boulevard en BMX, d’une traite jusqu’en haut. Mummy, elle pleurait en silence, elle savait que ça serait pas long. Elle voulait juste qu’il l’amoche pas trop au visage, elle lui dirait ça avant que ça commence, avant qu’elle ait le souffle coupé par un crochet au ventre et qu’elle puisse plus parler, avant qu’il entende plus rien : « Pas le visage Joey, pas le visage s’il te plaît. » C’est qu’après, pour aller faire ses ménages, c’était compliqué. Et le maquillage, ça coûtait cher. Elle me disait de filer, mais moi je voulais pas. Ma boule dans le ventre, et celle dans mon cou, elles partaient se rejoindre dans ma poitrine, et mon cœur il devenait fou, j’avais encore plus chaud, mais je transpirais plus. Alors j’allais vers elle, elle me prenait dans ses bras et on attendait, comme ça, serrés l’un contre l’autre. Ca loupait jamais, au bout d’un moment, il se mettait à grogner, il levait son gros cul de son fauteuil, il se pointait vers nous avec son prétexte à la con. Il me disait : « Dégage Frank ! », mais moi je bougeais pas, je lui répondais va te faire foutre Joey ! Ah ouais ? Tu vas faire quoi petit gros avec tes bras plein de Jelly ? Je finissais immanquablement à l’autre bout de la cuisine, avec la rage qui coulait au coin des yeux, parce que je savais pas lui donner autre chose qu’une série de petits coups de poings pleins de Jelly dans son gros bide plein de Bud. Quand Dave était là, c’était une autre histoire. Il avait bien essayé une fois ou deux, mais Dave, il l’avait démonté, il lui avait cassé sa face bien comme il faut. Seulement Dave, il était parti casser la gueule aux Viet Congs maintenant, il pouvait pas être partout. « Pas le visage Joey… » C’était parti. Je pouvais pas voir ça, j’enfourchais mon vélo et j’allais avaler le bitume des rues de Torrance. Je pédalais pendant des heures, dans la fournaise de l’après-midi ou la douceur du soir, pour faire gonfler mes poumons, que la boule n’ait plus de place, qu’elle se recoupe en deux toutes petites boules qui vont se cacher je sais pas où dans mon corps, en attendant la prochaine fois. Parfois j’allais au parc taper des écureuils avec mon lance-pierres. Ou alors si j’avais de la chance, à la tombée de la nuit, je pouvais trouver un opossum en train de fouiner dans un jardin. Je l’écoutais m’insulter et me supplier dans son langage d’opossum, avec ses poils pleins de sang, sa tête de rat de Joey, et une grosse pierre dans la main. Je comprenais tout ce qu’il me disait, comme le docteur Doolittle du livre que m’avait donné Kim : « Grruiiik… Putain Gras-Double, qu’est-ce que t’as foutu ? Grruiiik…T’es débile ou quoi ? Grruiiik… Allez, fais pas le con…. » Mais moi je m’en foutais, je le regardais patauger un peu et puis je lui éclatais la tête. Quand j’étais calmé, j’avais envie de pleurer, j’avais envie de me faire consoler, alors souvent j’allais chez Kim.   Kim, elle m’avait à la bonne et ses parents aussi, ils étaient cool. Kimberley elle s’appelle. Son père, c’est un Indien Navajo mais sa mère c’est une rousse de l’Utah qui vient d’un bled paumé, comme tous les bleds de ce coin-là, c’est pour ça que leur fille n’ a pas un nom indien. Panguitch ça s’appelle. Ils ont habité un peu là-bas, mais y’avait pas de travail, et puis leurs familles elles ont pas trop aimé, un Indien qui se marie avec une blanche. C’est Kim qui m’a raconté ça. Alors ils sont venus à L.A. Son père, il travaille à construire des gratte-ciel. Les Navajos, ils ont pas le vertige, ils connaissent une façon de marcher très haut au-dessus du sol, ils ont pas peur de regarder en bas, c’est pour ça qu’il y en a beaucoup qui travaillent à construire des gratte-ciel. C’est Kim qui me l’a dit. Kim, elle est belle. Elle est très maigre, elle a des cheveux très noirs, des yeux très noirs, la peau foncée, elle ressemble à son père, à une Mexicaine aussi un peu. Elle est très coquette. Elle a les cheveux qui lui coulent sur les os, et un peigne dans sa poche si le vent est trop fort. Elle sent bon. J’allais chez elle alors. Je mangeais avec elle et ses parents parfois. Ou juste elle et son père quand sa mère travaillait de nuit. C’était bien. Après, on passait la nuit ensemble dans sa chambre. Elle me consolait, elle me racontait des histoires, elle me parlait de sa journée à traîner avec les mecs du VLLM, en fumant de la marijuana. Des fois elle me faisait fumer un peu, ça allait me détendre elle disait, mais moi j’aimais pas trop, ça me ramenait trop à Mummy, j’avais honte d’être là alors qu’elle avait mal toute seule par terre à la maison. Elle me cajolait Kim, j’étais bien dans ses bras tout maigres. Elle était chaude, toute douce. Souvent elle se mettait en culotte et moi en slip, et on se blottissait comme ça, pour mieux sentir nos peaux comme c’est doux. Elle avait une toute petite poitrine, mais déjà de jeune femme, parce qu’elle était quand même plus vieille que moi de six ans. Elle avait un sein tatoué où il y avait écrit : Number 13, parce que la treizièeme lettre de l'alphabet c'est le M, c'est un code pour marijuana. Kim, elle était triste je le savais bien, même si elle me le montrait jamais. Avec moi, elle souriait toujours. Mais des fois, quand elle croyait que je dormais sur ses genoux, qu’elle tirait sur son joint avec le regard perdu dans le vide, je voyais bien les larmes noires couler sur ma reine paresseuse.   Quand on a reçu la lettre de l’armée qui disait que Dave reviendrait jamais, Mummy a été si triste que même ce taré de Joey, on aurait dit que ça lui faisait quelque chose. Il avait vraiment l’air d’un con à pas savoir quoi faire, il savait même plus si il devait aller se bourrer la gueule dehors ou rester le faire à la maison. C’était bizarre, il a même arrêté de la cogner pendant plusieurs semaines. En fait, je crois que ce qui lui a troué le cul, c’est qu’il y a quelque chose qui avait réussi à faire encore plus de mal que lui à Mummy. Du coup, il a fini par s’y remettre, encore plus fort qu’avant parce qu’il était vexé. Mais Mummy, ça la touchait plus du tout. Elle demandait même plus pour son visage. De toute façon, elle allait plus travailler, elle faisait plus rien, et l’autre ça le mettait en rogne ça. Moi c’est à ce moment-là que j’ai compris que ça s’arrêterait que quand Mummy serait morte, qu’elle aurait mangé un coin de meuble plus fort que d’habitude. Maintenant c'est sûr, elle le quitterait jamais, plus la force. Kim avait fini par m’amener traîner avec elle et ses potes. VLLM ça veut dire Viva La Loma Rica, Vive la colline riche. Y’avait des tags comme ça un peu partout à Torrance : VLLM. Avant que Kim me les présente, j’avais jamais compris ce que ça voulait dire. C’était un gang de Mexicains. Ils dealaient de la Marijuana, surtout, et Kim elle bossait un peu pour eux. Et puis elle était avec un des types. Lui c’était pas vraiment un mec bien, mais elle avait l’air accro. Sinon y’en avait qui étaient cools dans la bande. Ils m'aimaient bien. Kim avait parlé de moi et de Joey et de Mummy à son mec, qui en avait parlé aux autres. Ils l’ont buté sur le parking derrière le bar, entre des poubelles qui cuisaient au soleil, pendant qu’il était en train de se faire sucer ils ont raconté. La pute a eu droit à quelques doses à l’œil pour qu’elle ferme sa gueule. En échange, j’ai dû faire des petits boulots pour eux. Ça me plaisait bien, je passais plus de temps avec Kim.   J'ai arrêté de faire du mal aux écureuils et aux opossums. Quand elle a su, Kim a dit que si je recommençais, je la verrais plus. De toute façon j'avais plus besoin. Mummy a repris ses ménages, elle est toujours triste, mais je crois que ça s'arrange petit à petit. On est bien tous les deux. Elle me demande pas d'où viennent les billets que je glisse de temps en temps dans son porte-monnaie. Elle a pas besoin, elle se doute bien. Pour Joey non plus elle m'a rien demandé. Elle m'en veut pas je crois. Kim continue à s'amouracher de sales types, elle a un don pour les attirer, mais elle au moins elle se barre avant que ça cogne vraiment. Je le verrais, même si on fait plus de peau à peau comme avant. C'est ma grande soeur Kim, ma reine paresseuse, y'a un moment, on est trop grand pour faire ça. De toute façon, ça n'arrivera pas. Les mecs du gang disent que je me débrouille bien, que je suis plutôt doué. Si tout va bien, bientôt j'aurai droit à un flingue.

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Papotages

— Il est presque dix-huit heures, et toujours aucune nouvelle ! Je veux bien rendre service, mais franchement, il y a des limites non ? Moi j’ai encore le repas à terminer, le bain de la petite… sans compter les devoirs de Louis à vérifier, le cours de catéchisme du lendemain où je vais encore devoir improviser… non franchement ce n’est pas sérieux… ah ! doucement derrière, enfin, là-dessous. On commence à peine par ici. Vous voulez bien mettre encore un peu de lubrifiant ? Vous serez chou… Et sans compter que j’avais encore une montagne de copies en retard. Je ne te dis même pas à quelle heure je me suis couchée… Oui voilà, c’est mieux. C’est que vous êtes sacrément bien pourvu mon ami, il faut faire attention, vous pourriez blesser quelqu’un ! — Et alors, elle a fini par venir ? — Ouiii ! La fleur au fusil, il était pas loin de la demie ! Non mais franchement ! Et qu’elle me sert du ma chérie ceci, ma chérie cela, je suis dé-so-lée, cette réunion s’est é-ter-ni-sée, t’es vraiment un chou, ça a été ? Constance a été sage ? Tu parles, sa réunion avait une odeur sacrément musquée j’ai trouvé ! Ah oui, je vous en prie messieurs, vous pouvez décharger. Sur mon visage oui, j’aime autant. Tu vois, je n’aime pas parler de manière aussi triviale, mais elle em-pes-tait le sexe ! Et là j’ai un peu eu l’impression d’être prise pour une conne. Que je garde sa fille pendant que Madame s’envoie en l’air, pourquoi pas ? Mais au moins qu’elle me le dise ! Non ? Franchement, tu n’es pas d’accord ? Hummm, vous êtes nouveau vous, je me trompe ? Vous avez très très bon goût mon ami, j’adore ! La prochaine fois il faudra essayer de mieux viser, c’est un peu du gâchis. Sinon sa Constance moi, c’est fini ! De quoi a-t-elle peur ? Que je parle ? Que ça finisse par arriver aux oreilles de son mari ? Non mais franchement… Bon allez, en parlant de parler, je parle, je parle... Viens t’accroupir par ici, je vais te lécher, j’aime bien te lécher quand je me prends une double... Si monsieur veut bien se retirer de mon amie… mais oui, elle va vous sucer ne vous inquiétez pas.

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Ces quelques heures

Le cœur...qui tambourine, fesses contre la carrosserie et clope anti-stress. S'emballe quand je lis "J'y arrive" sur mon écran. La douceur...de tes lèvres lors de ce tout premier baiser, léger comme une plume, et celle de ta langue effleurée. L'odeur... le parfum de ton cou. La langueur... délicieuse qui suivit, et le silence dépourvu de toute gêne, troublé uniquement des bruits de nos pas et de la nature. Les joggeurs... qui défilaient sans interruption sur le chemin derrière ce banc. La chaleur... de tes lèvres, de tes seins, de ta peau. Celle de l'atmosphère que le soleil réchauffe peu à peu. La moiteur... de ton sexe autour de mes doigts. Ce relief intime que je découvrais, cette merveille de la nature, si complexe. Toujours unique. Le bonheur... de le sentir pulser sur la pulpe de mes phalanges alors que tu t'abandonnais, de ces soupirs contenus qui me firent fondre. L'honneur... que tu me fis en me laissant m'agenouiller quelques instants et goûter à ton antre. Ta liqueur...qui' m'emporta instantanément...rarement cyprine m'a autant plu... Le coureur...qui m'interrompit mais eut la délicatesse de feindre l'ignorance et de poursuivre son chemin de haletage. Le voyeur... qui mit fin trop tôt à ton début de fellation, tellement douce et délicate, porte entrebâillée sur un univers de promesses d'extase. La saveur... de cette bière, de t'écouter parler de toi, de ta vie. Une gorgée de houblon, une de tes paroles, de ta voix posée et limpide. De te trouver si belle, d'âme, de visage et de corps. Ces quelques heures, empreintes de lenteur... Merci.

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