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Rassemblement des trucs publiés à droite à gauche que c'est bien que ça soit dans le même panier...

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Le Tantrisme c'est quoi donc ?

Je n'ai que très peu pratiqué le "tantrisme" mais j'aime me documenter avant de me lancer dans un truc... d'autant qu'à ce sujet il convient d'être conscient du potentiel sectaire et de s'en préserver. Que je ne suis ni hindouiste ni bouddhiste, ni d'aucun culte d'ailleurs, je suis agnostique et libertaire, donc je ne fais que tenter de réduire mon ignorance et si je prêche quelque chose c'est avant tout que nous ne devons nous asservir à aucun Dieu ni aucun maître. Cela explique une attitude critique que vous décèlerez ici ou là, surtout quand je fouille dans le tantrisme occidental. SI je ne critique pas les cultes ancestraux c'est seulement que j'en parle pour remettre le Tantrisme dans son contexte, c'est déjà assez long comme ça et pour faire vite je vous passe mes réactions contre les systèmes de castes et autres dérives des moines en tous genres. Epoque Antique Dès l'âge de bronze des pratiques religieuses s'étendent dans la vallée de l'Indus au point de devenir le socle des religions futures. A l'âge de fer ces pratiques et croyances forment le Védisme avec l'arrivée de l'écriture permettant la diffusion de quatre textes nommés vedas. Vers 600 ans avant JC le Brahmanisme est créé pour réviser le Védisme et développe une approche mystique individuelle au delà des rituels védiques. C'est une explosion de mysticisme durant laquelle fleurissent diverses approches comme le Bouddhisme qui s'oppose au Brahmanisme. Au quatrième et cinquième siècle le Brahmanisme est réformé pour faire face au Bouddhisme qui est en déclin, c'est la formation de l'Hindouisme tel qu'on le connait encore aujourd'hui. En raison de la diversité d'approches mystiques des Brahmanes l'Hindouisme est polymorphe et rassemble plusieurs courants qui se complètent et parfois se répulsent. L'un d'eux est le Tantrisme. Le Tantrisme s'oppose à l'idée, très répandue dans les autres courants, que pour atteindre l'éveil il faut respecter l'ascétisme. L'ascèse c'est l'élévation spirituelle par le renoncement. Renoncer aux biens matériels, renoncer aux désirs, à l'égo etc. Le Tantrisme dit qu'au contraire pour atteindre la pleine conscience il faut se connaître et donc se confronter à ses pulsions et les transcender. La sexualité fait bien sur partie de ces pulsions, elle est même une des plus fortes et des plus importantes. Certains brahmanes ont donc cherché à la sacraliser par la pratique et ont créé une recherche spirituelle de la sexualité qui a inspiré beaucoup d’œuvres, comme notamment la plus connue, le Kama Sutra. Au sein de l'Hindouisme, bien qu'il ait marqué à peu près toutes les subcultures (chaque culte à une des déités forme des cultures au sein de l'Hindouisme qui les rassemble toutes) on trouve le Tantrisme principalement dans deux groupes de croyance, le Shivaïsme et le Shaktisme. Presque simultanément le Tantrisme pénètre aussi le Bouddhisme qui fini par l'intégrer dans son triptyque composé par trois piliers : - Le Mahayana, le Grand Véhicule, celui qui guide l'ensemble du Bouddhisme tibétain. C'est un peu le Vatican Bouddhiste, son Pape étant le Dalaï Lama. Le Mahayana se pose comme celui qui doit être diffusé aux laïques et décider de toutes les grandes tendances du Bouddhisme. - Le Theravada, le Véhicule des Anciens, qui regroupe les textes proto-bouddhistes d'avant la création du Mahayana, il est considéré par le Mahayana comme une sorte de bibliothèque ancestrale. Il est aussi appelé Hinayana par le Mahayana car cela signifie "Petit Véhicule" ce qui permet de faire une distinction aisée avec le Grand Véhicule. Mais historiquement le Hinayana n'est qu'un des courants ancestraux du Theravada, ce qui génère bien des tensions et des schismes au sein du bouddhisme. - Le Vajrayana, le Véhicule de Diamant (ou de foudre), aussi appelé Guhyayana, le Véhicule secret. Ces noms insistent sur l'aspect à la fois lumineux et fulgurant, car il est dit qu'il s'agit de l'école qui permet d'atteindre l'éveil de la façon la plus totale et rapide, mais aussi sur son aspect élitiste, il se doit de rester secret car sa fulgurance peut provoquer des traumatismes chez certains pratiquants. On l'appelle enfin Tantrayana, le Véhicule des tantras, car c'est dans ce courant que le Tantrisme prend toute sa force au sein du Bouddhisme. Plus tard le Bouddhisme sort du Tibet et se répand dans le reste de l'Asie. Confronté au Taoïsme en Chine il devient le Bouddhisme Chan. Il se débarrasse alors du Tantrisme car le Taoïsme, avec qui il cohabite alors, intègre déjà une grande liberté épicurienne. Les moines taoïstes ne voient pas d'intérêt dans ces doctrines qui bousculent l'ascétisme puisqu'ils ne sont pas franchement brimés (ils peuvent se marier, ont une grande culture de la sensualité etc). Le Chan poursuit son chemin et devient le Zen en arrivant au Japon. Traditionnellement on se retrouve donc avec deux grandes familles tantristes : le tantrisme hindouiste et le tantrisme du bouddhisme tibétain. Dans ces deux familles à moins d'être sadhu ou lama on ne va pas dans des "stages sensoriels" pour apprendre à jouir en se faisant de massages... et même si on est sadhu ou lama il n'y a pas de stages organisés tels que nous les connaissons dans notre système consumériste, et surtout on ne se limite pas à ce genre de pratique qui ne sont que des moyens parmi mille autres pour exercer son Tantrisme. Epoque moderne Dans les années 60/70 l'Inde reçoit bon nombre de jeunes occidentaux propulsés sur les routes pour satisfaire leur soif de liberté et de quête métaphysique inspirées par des auteurs comme Jack Kerouac. La beat generation devient hippie et invente le flower power au contact des philosophies mystiques indo-asiatiques. L'une de leurs préoccupations est la libération sexuelle à ce point brimée par les valeurs ascétiques judéo-chrétiennes qu'ils vont en faire une révolution. Une fois de plus le rejet de l'ascèse appelle le tantrisme et c'est ce courant qui va le plus les marquer. Certains gurus sentent qu'il y a d'une part une forte demande, et c'est leur rôle d'y répondre, mais ils sentent aussi qu'il y a moyen de rouler sur l'or. Rajneesh Chandra Mohan Jain est l'un d'eux. Pour des raisons inconnues il change de nom dans les années 60 et se fait appeler Acharya Rajneesh. Le changement d'identité officielle est une des marques de fabrique du guru. Dans les années 70 il quitte Bombay pour des raisons officiellement médicales, mais vu le bonhomme il est fort possible que ce soit pour éviter quelques ennemis pour de sordides motifs. Il s'installe à Pune et change à nouveau de nom pour Bhagwan Shree Rajneesh. Fort de son succès auprès des hippies il quitte l'Inde dans les années 80 et s'installe aux USA, en Oregon, et se fait appeler Osho, sans doute pour porter un nom plus facile à mémoriser par les non initiés. Son mouvement fort de plusieurs milliers d'adeptes portera alors aussi ce nom. Ce changement marque aussi le progressif pétage de plomb du maître et de son école. Il est la caricature du guru qui perd pied et se goinfre de dollars, devient fétichiste de Rolls Royce, baise tout ce qui bouge et aime être adulé. Son groupe fini par exploser suite à un attentat sous la forme d'un empoisonnement de masse en 84 et il est aussi poursuivi par le FISC américain. Il fini par se faire arrêter à l'issu d'une cavalcade rocambolesque. Il est extradé, retourne à Pune et y meurt en 1990 entouré d'un nombre tout de même assez conséquents de fidèles aveuglés. Au final il est toutefois considéré comme un des piliers de la pensée New Age qui reconnait dans ses propos quelques unes de ses plus fortes valeurs. Malgré ces pathétiques dérives qui ont définitivement relégué son mouvement dans le rang des sectes, la pensée d'Osho est quand même très intéressante. Il parle de liberté, d'acceptation de soi, d'élévation par le respect de notre nature. Certes au final il a engendré l'inverse en asservissant des adeptes, mais cela retourne de son hypocrisie machiavélique, pas de la valeur de ce qu'il prétendait défendre. Un peu comme ces politiciens qui nous racontent de belles histoires démocratiques et de solidarités sociales sous les frontons de la République ornés du superbe "liberté, égalité, fraternité" : ce n'est pas parce qu'ils n'ont en tête que des plans carriéristes et qu'ils nous mentent pour obtenir leurs mandats que les valeurs avancées dans les beaux discours ne sont pas positives. Le problème c'est qu'aussitôt au pouvoir ils crachent dessus... Revenons à nos moutons (c'est le cas de le dire...), Osho était aussi surnommé le "sex guru" car comme tout bon tantriste il pensait que la libération de l'être passe par la libération sexuelle et organisait des exercices dans ce but. Cependant même s'il en faisait plus état que ces prédécesseurs pour attirer les occidentaux en mal de plaisirs, il restait très proche de la dynamique tantriste et ne voyait en cela qu'une des approches possibles dans un but bien plus grand. Vu le nombre impressionnant d'adeptes lors de ces exercice il dut déléguer les enseignements. Et c'est là que sont apparus des tantrikas spécialisés dans telle ou telle discipline et notamment des instructeurs en matière d'exercices tantriques sensoriels et sexuels. C'est un point très important dans l'histoire du tantrisme tel que nous l’appelons aujourd'hui en occident, c'est de ces pratiquants là qu'a découlé la vague tantrique érotique. L'une de ces tantikas chargée d'animer les exercices sexuels se nommait (et se nomme toujours) Margo Anand tel qu'Osho la rebaptisé. C'est une des plus anciennes fidèles qui l'a connu à Pune. Elle a été très impressionnée par ce qu'il était alors et sa philosophie qui n'était pas encore pervertie par ses élucubrations mégalomanes. Elle s'est dissocié du mouvement dans les années 80 mais a gardé un immense respect pour le guru. Je pense, mais ce n'est qu'une théorie personnelle, qu'elle a été choquée par les dérives de la secte et que d'autre part (c'est ce qu'elle dit) elle a au travers de ses voyages rencontré des personnes qui lui ont apprit que le tantrisme allait bien au delà de la vision réductrice qu'Osho lui avait enseigné pour la spécialiser dans le tantrisme sexuel. Je crois que malgré ces faits qui l'ont ébranlé et poussé à se dégager du mouvement elle a du vivre une ambivalence difficile à gérer. Il est en effet très complexe et douloureux de renier un enseignement et un maître qui a fait de vous un adepte convaincu, et les anciens membres de sectes gardent très souvent une affection profonde pour les bons moments qu'ils ont vécu, et parfois même pour les mauvais. Une sorte de syndrome de Stockholm d'autant plus profond que pendant des années on s'est construit sur un socle de croyances et d'expériences. Rejeter en bloc tout un pan de sa vie c'est se rejeter soi même, perdre une part de son identité. Certains y parviennent, d'autres pas. Margo Anand, française d'origine, est rentrée au pays, a donc du faire sa route de son côté et a continué sur la voie qu'elle avait déjà parcouru et qu'elle appréciait. Après avoir cherché une sorte de labellisation (Arica dans les années 70, puis Osho) elle a décidé de se séparer des maîtres à penser et de faire de sa pratique un label en soi. Elle a fondé le Tantra Sky-Dancing, écrit plusieurs livres qui ont été des succès en Europe et aux USA. Ce succès est très important pour le tantrisme sexuel car c'est de cette popularisation faite par Margo Anand qu'a découlé la plus grande part des pratiquants que l'on trouve aujourd'hui. Et si ce tantrisme tourne principalement autour de la sensualité et de la sexualité c'est parce qu'elle a valorisé sa spécialisation dans le domaine. Il n'y a pas d'école de tantrisme qui soit unanimement reconnue. Celles qui forment des tantristes supposés mener des séances ne sont pas capables de garantir la qualité de leurs "instructeurs". N'importe qui peut se réclamer de n'importe quelle école. Et vu les tarifs de formation pour devenir instructeur (comptez 1500€ pour deux semaines composant un niveau, et de nombreux niveaux avant de devenir "apte"...) on se retrouve vite à claquer des brouettes d'euros pour au final obtenir une validation qui n'a aucune valeur diplômante. Autant se payer une formation de massage bien être par une école reconnue, avec certification professionnelle établie, ça coûte moins cher, c'est plus sérieux et c'est utile au tantrisme... et en parallèle pratiquer le tantrisme dans divers groupes pour en saisir toute la portée. Comme disait un grand maître de Kung Fu alors qu'il quittait son dojo et le laissait à la responsabilité de ses élèves : "Aucune école n'est digne de ce nom à part la vie, aucun maître n'est digne de ce nom à part vous même, ne vous aveuglez pas en croyant qu'un style ou un maître est supérieur aux autres. Picorez ici et là, soyez votre propre maître et bâtissez votre Kung Fu." Bref... Le tantrisme contemporain occidental est très souvent une immense foutaise spirituelle menée par des arnaqueurs. Ils se dilue même dans la prostitution. Mais il est aussi porteur de pratiques particulièrement puissantes et ne peut être résumé à une manipulation sectaire. Les séances peuvent proposer des exercices très forts, et surtout efficaces, qui permettent de comprendre à quel point nous sommes capables de prouesses orgasmiques et relationnelles.

bittersweet

bittersweet

 

Manifeste d'Anarchie Amoureuse

A cause de multiples débats philosophiques et pseudo intellectuels, ainsi que de multiples histoires de cul qui ont mal tourné, l'amour libre s'est souvent perdu dans une foultitude d'aberrations, comme la revendication misogyne de la supériorité naturelle de l'homme. Mais c'est par l'erreur qu'on apprend et plus d'un siècle d'expérimentations ont abouti à des règles/guides nécessaire à l'évitement de ces errances. Ce qui est intéressant c'est que si ces conseils permettent le polyamour ils sont tout aussi efficaces pour un couple. Qui peut le plus peut le moins... Si ce manifeste se veut assez représentatif d'une politique sexuelle polyamoureuse inspirée par l'anarchisme, il est l'oeuvre d'un individu et donc non représentatif de la pensée anarco-amoureuse dans sa globalité. Ce n'est pas un livre de recette universel à suivre mais une des possibilités existantes qui au mieux contribuera à ce que vous vous construisiez vos propres manifestes, si tant est que vous ayez besoin de poser vos règles. La seule véritable règle c'est qu'il n'y en a pas. D'autre part ce manifeste repose sur un consensus avec moi même, comme tout consensus il est voué à changer, et donc ce texte risque changer à plusieurs reprises. ^^' Bref... en avant ! MANIFESTE PERSONNEL D'ANARCHIE AMOUREUSE - Chaque relation est unique et la seule loi c'est qu'il n'y a pas de loi. Toutes les autres règles doivent prendre en considération qu'elles ne sont que des guides, il n'y a rien de pire que la loi qui s'impose à tous et ne correspond vraiment à personne. Hors non seulement chaque individu est unique mais la combinaison de deux individus est d'autant plus unique. A plus forte raison quand ils sont trois, quatre, cinq... - L'amour avant tout Le sexe c'est bien agréable, si les partenaires sont OK pour avoir ensemble du sexe sans amour, pourquoi pas, mais le but du jeu c'est de nous aimer et de grandir puisque l'amour est un fabuleux facteur d'évolution en plus du bonheur qu'il apporte. D'autant qu'il rend le sexe encore meilleurs ! L'anarchiste est en général un grand amoureux. Il aime ses idéaux, il aime ses combats, ses amis, l'humanité etc. Dans une relation amoureuse il est plongé dans l'apogée de ce qu'il aime plus que tout : l'amour et l'humain. - La liberté juste après L'anar est en général très friand des libertés individuelles. D'ailleurs depuis qu'on a rendu péjoratif le mot anarchiste il se dit libertaire. Bon, maintenant ce terme aussi est pourri par son détournement volontaire "libéral" ou "libertarien" qui ne sont que des arnaques reposant sur le libéralisme économique qui s'oppose trop souvent au respect des libertés humaines. Mais c'est une autre histoire... toujours est il que si la liberté de chacun doit moralement s'arrêter là où commence la souffrance d'autrui, quand rien ne s'y oppose la liberté est la plus grande des valeurs à défendre car cela revient à défendre le droit de chacun à être ce qu'il est et faire ce qu'il veut. - L'amour est pluriel et n'a de limite en nombre qu'à cause du temps disponible Le polyamour est une possibilité naturelle. Nous pouvons aimer plusieurs personnes durant une vie, on évite de le faire simultanément, non pas parce qu'on n'en est pas capable mais parce qu'on suit des règles ou que notre partenaire les suit et qu'on se refuse à le trahir. Le seul problème c'est que nos journées ne font que 24 heures, qu'une seule relation amoureuse est déjà très chronophage. A moins d'être rentier on ne peut pas vivre une foultitude d'amours simultanés, ce n'est pas une question morale mais simplement temporelle. - L'amour n'est pas forcément synonyme d'actes sexuels L'amour platonique est bien plus que de l'amitié et permet pourtant de pleinement vivre son sentiment amoureux. Certains disent qu'il s'agit même de la forme la plus puissante et accomplie d'amour passionnel. Par contre l'amour platonique se doit d'être réciproque pour exister. - La sexualité est un droit inaliénable Tout ce qui constitue un corps lui appartient sans aucune limitation acceptable. Brider ou exploiter la sexualité d'autrui va à l'encontre des droits les plus fondamentaux de l'individu. Toutefois entre les deux il y a une hiérarchie de gravité : le pire est l'exploitation sexuelle qui s'apparente au viol. La limitation n'implique qu'une frustration. Ainsi selon la règle qui veut que la liberté s'arrête où commence la souffrance d'autrui il vaut largement mieux se brider qu'exploiter. Et si on a vraiment besoin de plus et que la frustration n'est pas supportable alors il faut se regarder en face et faire les choix qui s'imposent : vivre plus de sexualité avec quelqu'un d'autre si son partenaire est d'accord, ou bien tout bonnement changer de partenaire pour en trouver un qui sera en accord avec ce que l'on est (cf la connaissance de soi, de l'autre, et l'intégrité). - L'amour n'est pas contractuel Il apparaît, diminue, revient, disparaît ou reste... sa seule constante c'est qu'il n'est pas un négoce, on n'échange pas de l'amour, on le donne. Si on n'en reçoit pas en retour alors que c'est ce dont on a besoin, et bien on va voir ailleurs s'il s'y trouve. Mais en tout cas on n’achète pas l'amour, on ne le force pas. Il est là ou pas. - L'amour n'est pas autosuffisant Même s'il s'impose de lui même comme une évidence, il ne se suffit pas à lui même éternellement. Même si on ne l'achète pas, même si on ne doit pas le forcer, il convient de le nourrir et son aliment c'est l'attention qui se concrétise par les petits mots doux, les belles déclarations, les cadeaux, le temps que l'on passe ensemble à vivre des expériences marquantes. Autant l'amour ne peut tenir longtemps s'il manque d'attentions, il peut étouffer s'il on le gave. Il faut aussi savoir maintenir sa faim et trouver l'équilibre entre le trop et le pas assez. - Tout commence par la connaissance de soi... La seule chose que l'on apporte dans une relation amoureuse et que l'on peut améliorer, c'est soi même. Qui suis je ? Qu'est ce que je veux devenir et accomplir ? Avec qui est-ce que je veux le faire ? Comment ? ... autant de questions qui permettent de savoir ce que l'on est, ce que l'on veut, et donc de mettre les choses au clair dans sa vie, à tous les niveaux dont amoureux. - ...et se poursuit dans la découverte de l'autre On se connait, on s'ait ce qu'on veut, très bien. Mais dans une relation on est au moins deux et le tout est d'être en adéquation avec l'autre afin que chacun puisse s'épanouir. On se doit donc d'apprendre à connaître l'autre en profondeur, ce qui en fait est une base en amour normalement... en effet comment pouvons nous dire je t'aime à une personne que nous ne connaissons pas vraiment ? Quand on le fait c'est qu'on aime l'idée qu'on se fait d'elle plus qu'on ne l'aime réellement. Ici quand on parle d'amour on ne parle pas d'autre chose. - Tout passe par la communication... La découverte de l'autre, la résolution des problèmes, l'établissement des consensus mais aussi l'épanouissement des joies, tout cela passe par la communication. Il n'y a rien de plus indispensable en amour que de communiquer. Mais il ne faut pas perdre de vue que si cela permet de faire face aux aléas de la vie, cela sert aussi à décupler le bonheur que l'on a d'être ensemble. Il faut apprendre à correctement communiquer et le faire même quand tout va bien. - ... dans le but sincère d'une coopération humaine. Le couple est une société restreinte à deux partenaires. La chaîne amoureuse est une société amoureuse élargie. Hors les sociétés ne parviennent à fonctionner malgré leurs vices et erreurs que grâce à un minimum de coopération. Coopérer c'est fonctionner ensemble dans un but commun, on ne coopère pas seul et on arrive vite à toucher certaines limites quand on fourni plus d'efforts que les autres, il faut donc que chaque intervenant coopère avec un investissement égal d'efforts. - Tous les intervenants de la chaîne amoureuse sont libres et égaux Pas plus qu'il n'est tolérable que les hommes ne tiennent pas les femmes pour leurs égales, il ne doit y avoir de hiérarchie dans un polyamour anarchique. On se doit d'accepter toutes les personnes engagées dans la relation comme étant égales en valeurs humaines et droits. - Tous les intervenants doivent savoir dans quoi ils sont engagés Les nouveaux arrivants doivent être avoir conscience qu'ils sont en train de rentrer dans une chaîne d'amour libre. Après on l'accepte ou pas, mais on a le droit absolu de savoir à quelle sauce on va être mangé. Cela signifie aussi qu'il faut indiquer le fonctionnement qui a été décidé jusque là. - Tout s'accepte par le consensus manifeste et unanime A bas les contrats liberticides, les règles figées dans le marbre qui ne sont que des tue l'amour ! Un consensus c'est un accord verbal et moral auquel on restera fidèle. Ici il se doit d'être manifeste, c'est à dire clairement exposé, et son acceptation clairement exprimée. Il n'y a pas de consensus tacite qui tienne, le non dit n'est pas une option d'accord. Enfin il doit être unanime, et ce qu'il y ait deux, trois, quatre... personnes concernées. Un couple "central" qui prend des décisions seul et méprise l'opinion des partenaires qu'il implique n'est pas dans l'amour libre, il est dans une forme de dictature. Certains peuvent parfaitement s'y retrouver et le vivre avec bonheur, mais souvent au détriment des autres et cela n'est pas libertaire. - L'indulgence est une vertu cardinale Quand on est éprit de libertés individuelles et que l'on va au bout de ses idées, on tient autant à ce qu'on respecte les siennes qu'à ce qu'on respecte celle des autres. On se refuse au jugement qui enferme l'individu dans des généralités et on sait que l'erreur est humaine, celle des autres comme la sienne. On se doit donc d'être indulgent, pas tolérant car cela signifie qu'on réprouve mais qu'on ferme les yeux, indulgent. Il faut véritablement savoir se pardonner, savoir pardonner à autrui, accepter ce que nous sommes, individuellement et collectivement. - Le respect remplace le devoir Cela ne se fait pas de pisser sur la lunette des chiottes et encore moins de ne pas essuyer, non pas parce qu'une loi universelle dicte que c'est mal, mais parce qu'on respecte la personne qui va venir s'asseoir après notre passage. Le respect est à la base de tout et évite un bon gros paquet de problèmes. A plus forte raison que si on dit aimer une personne il tombe sous le sens qu'on la respecte. Dont acte. - L'intégrité est à la base d'une relation heureuse On est comme on est avec nos qualités et nos défauts, si on ne se l'avoue pas, et qu'on n'assume pas qui on est, on rend l'amour impossible car l'autre aime alors une illusion. On est un sale con ? Pas de problème, il suffit de l'assumer et on trouvera bien quelqu'un qui nous aimera pour ce que nous sommes et qui ne souffrira pas de le découvrir. - La fidélité est aussi nécessaire que l'intégrité On s'y attendait pas à celle là... et pourtant. La fidélité est une vertu anarchiste très forte, l'histoire l'a montré quand il jure fidélité à ses camarades et à ses idées il est prêt à les défendre au sacrifice de sa vie. Pas un résistant anti franquiste, quelle que soit son idéologie, peut remettre en cause la fidélité absolue des anarchistes qui ont combattu à ses côtés contre la dictature. Un anarchiste est fidèle à ses idées, à sa conception de la justice, à ses amis, et forcément à ses amours. Il doit donc être fidèle aux personnes qu'il aime, mais en suivant toutes les règles qu'il n'a pas admises mais construites... si la personne dont il est amoureux lui dit qu'elle a besoin de savoir avec qui il fricote et qu'il la tienne au courant de ses changements émotionnels, sa fidélité, poussée par le respect, le fera honorer cette demande. Tant qu'on est d'accord, tant que le consensus est accepté de toutes et tous, il n'y a pas d'infidélité. - La confiance est une vertu indispensable L'amour meurt étouffé par l'égocentrisme, le contrôle et la méfiance. Il n'y a pas d'amour épanoui sans abandon de soi ni confiance réciproque. L'amour se développe dans un sentiment de sécurité, l'insécurité, la peur, polluent l'amour jusqu'à le détruire. On se prend des claques ? Ben oui, c'est la vie. Mais il n'y a pas d'autre choix possible que la confiance, on prend le risque de perdre un peu de temps, mais sans cela on ne peut s'épanouir dans l'amour. Il faut accepter que les relations amoureuses ne sont pas vouées à réussir à chaque fois et si notre confiance est trahie ce n'est pas nous qui sommes en faute mais celui qui nous a trahi. - Il faut être inébranlable et assumer sa nature L'anarchiste remet toutes les lois en question, il doit, s'il est intègre, savoir aussi se remettre en question. Mais au delà d'exercer son esprit critique il sait qu'il est le grain de sable dans la machine toute puissante qui fait tourner la société, c'est son rôle. Il va contre la doxa et à moins d'être totalement utopiste et naïf il sait qu'à force de gratter il va provoquer des irritations et que la main qui va s'abattre sur lui est incommensurablement plus grande et forte. Sa vie est un combat pour se faire accepter, il doit donc se blinder pour faire face aux critiques de la majorité de ses contemporains.

bittersweet

bittersweet

 

Anarchie amoureuse ? Kézako ?

Initié par l'esprit libertin du siècle des lumières, l'amour libre a été véritablement conçu par les anarchistes à la fin du XIXeme siècle. Puis il a été exploré et interrogé par les générations suivantes selon divers courants de pensée anar' (libertaire, pluraliste, pluraliste radical...). Après avoir traversé l'Atlantique il a été adopté et réinventé par la beat generation et le flower power qui l'a diffusé dans nos société grâce à la révolution culturelle sociale et sexuelle des années 70. Chamboulé par le SIDA, oublié avec la popularisation de l'échangisme et du BDSM, l'amour libre revient depuis les années 90/2000 au travers du polyamour qui était déjà une de ses concrétisations possibles. Certains, comme moi, trouvent que l'amour libre a tellement évolué qu'il n'est plus que anarchiste, et d'autre part l'amour libre a eu tellement de versions contradictoires qu'il convient de trouver de lui trouver un autre nom. Certains parlent d'anarchie intime, d'amour anarchique, je préfère pour ma part anarchie amoureuse. L'anarchie n'est pas synonyme de chaos et encore moins de malveillance, de loi du plus fort. Étymologiquement cela signifie l'absence de commandement, c'est à dire le refus des lois dogmatique ou politiques qui ordonnent une norme et appellent à ce que tout le monde s'y conforme. Un anarchiste peut très bien se donner des règles de conduite. Comme l'athée (qu'il est d'ailleurs très souvent aussi) ce n'est pas parce qu'il est contre le dogme qu'il est dépourvu de conscience du bien ou du mal, de valeurs, de conceptions vertueuses. C'est simplement qu'il refuse qu'on lui dise ce qui est bon pour lui et la société tant qu'il n'a pas éprouvé puis approuvé, et quand bien même est il d'accord avec cela, il ne prétend pas que ces règles sont justes dans tous les cas de figure et pour tout le monde. En amour les églises ont édicté des règles comme par exemple dans la Bible : tu ne prendras pas de plaisirs sexuels en dehors du mariage, ce mariage ne pourra être rompu c'est à la vie à la mort, il sera monogame et hétérosexuel, même en son sein tu ne t'adonneras pas à la fornication avec ton époux(se), tu ne commettras pas d'adultère. L'anarchiste pour qui le "ni Dieu ni maître" est souvent une règle phare, s'oppose par pensée politique et philosophique à ces lois. Donc il tire un gros trait dessus avec son marqueur noir ou rouge et il reprend... - Je peux aimer charnellement avant le mariage et puis c'est tout. Cette pensée est aujourd'hui relativement bien admise, ou du moins pratiquée par la majorité de la population sans que cela pose apparemment de problème. - Si je me marie (j'ai autant le droit de le faire que de ne pas le faire) et qu'on finit par se détester et s'entre tuer, j'ai le droit de divorcer si ça me chante. Cela aussi commence à être admit depuis un bon moment. - Si je suis homosexuel j'ai autant droit au bonheur et à l'amour que n'importe qui d'autre. Ça vous pose un problème ? Regardez ailleurs. Là ça grince un peu plus, ça gueule, ça manifeste en faisant déambuler des quadripoucettes sous les lacrymos par amour des enfants... mais bon notre société a quand même fini par accepter qu'il est disproportionné de brûler les homos et qu'ils ne sont pas si méchants ou pervers qu'on le disait. - Si avec mon partenaire on a envie de baiser comme des lapins et de faire la brouette japonaise on va pas se limiter au missionnaire et quelques frissons sous prétexte qu'un curé, sensé ne rien connaître du sexe, a décidé de prêcher que c'était mal. Je peux me tromper mais je crois qu'à part quelques mal baisants et une bande d'hypocrites, tout le monde a intégré cela, et dit que l'on peut faire ce que l'on veut tant que les mariés/concubins/partenaires sont mutuellement consentants. - Je peux aimer autant de personnes que je veux, parce que j'en suis capable. Ce n'est pas parce qu'on prend notre pied que c'est différent du fait que je peux aimer autant d'amis ou de gens de ma famille que je veux. La seule différence c'est que je ne met pas ma bite dans mes amis ou mes parents, quoi que ma cousine même le Pape il a l'air d'accord des fois... c'est de l'amour et l'amour c'est le progrès humain, l'émancipation. C'est là que l'anarchiste amoureux va plus loin que la majorité de ses contemporains. Il défie la sacro sainte fidélité monogame. Son postulat de départ c'est d'abord qu'on a tous le droit de faire ce qu'on vut avec son corps et son esprit, et que par nature on est presque tous polyamoureux. La très grande majorité d'entre nous a des amours de collège, de lycée, de fac, d'adulte voire de retraité. On est capable d'aimer des personnes différentes, pour des raisons différentes et on s'en prive pas. La seule limite qu'on se fixe c'est "pas plus d'un à la fois". Alors évidemment à une époque où les problèmes se réglaient avec une massue ou une lance ça pouvait mettre un joyeux bazar, et quand le bazar est violent il faut des lois pour éviter que ça devienne le chaos. Mais maintenant on a des cerveaux aussi, et on peut s'en servir pour mettre en place des règles qui évitent les débordements sans pour autant interdire une chose qui peut être belle et utile pour l'évolution et le bonheur de chacun. - L'adultère ce n'est pas mauvais parce que Jésus, un apôtre ou un des gars qui a réécrit la Bible au fils des siècles l'a dit. Ça l'est parce que c'est une source de souffrance s'il est réalisé dans le mensonge et que le partenaire n'est pas d'accord avec ça. S'il est d'accord, vraiment d'accord, où est le problème ? Le plus grand péché dans un couple ce n'est pas comment on baise, ni qui on baise, c'est le mensonge et le non respect du consensus commun. La question n'est pas de savoir si avoir plusieurs partenaires et bien ou mal dans l'absolu mais comment faire en sorte que quoi qu'on vive on le fasse de la façon la plus intègre possible en respectant l'intégrité de son/ses partenaires. Les piliers de l'anarchisme amoureux sont là pour répondre à cette interrogation. La compréhension de soi et d'autrui, le respect, l'indulgence, la communication, le consensus... tout concourt à permettre des relations amoureuses honnêtes et constructives dans le plus grand respect de la règle : "la liberté des uns s'arrête là où commence la souffrance des autres". Tant qu'on est d'accord et qu'aucun de nous ne souffre, rien ne nous empêche moralement de faire ce que l'on veut. Tout ça c'est de la philosophie, le problème c'est que dans les faits y'a plein de détails qui rendent la chose très complexe, comme notamment la jalousie. Il y a un autre gros détail qui ruine le plan, comme toujours quand on s'oppose au chemin suivit par les moutons : c'est que le reste du monde a accepté les lois édictées et qu'en s'y opposant on se retrouve souvent seul et contre tous pour vivre comme on l'entend. Il est difficile trouver des personnes qui sont d'accord et peuvent donc accepter les consensus libertaires, et quand bien même, ça fait jaser les voisins qui le regardent de travers, alors on écrit des chanson pour se défouler mais bon, ça reste énervant, frustrant et injuste. https://www.youtube.com/watch?v=26Nuj6dhte8

bittersweet

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